RECA

Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Résilience et RNA /Dargué (Maradi)

Publié le lundi 12 septembre 2016

La résilience des ménages face aux changements climatiques dans la région de Maradi au Niger : le cas de la Régénération Naturelle Assistée.

Ludovic Andres, Sambo Bodé, Lawali Dambo, Martha Populin, Guero Chaibou,Mariama Mamadou Moustapha, Seidou Laminou, Boubacar Yamba, Philippe Lebailly.

La présente étude a été possible grâce à l’intervention et le soutien du FIDA. Elle s’est déroulée de juin 2015 à novembre 2015. L’étude réalisée dans la région de Maradi repose sur un partenariat entre le FIDA, l’Université Abdou Moumouni de Niamey / Niger (département de géographie) et l’Université de Liège Gembloux Agro Bio Tech / Belgique (unité d’économie et de développement rural).

Résumé

Face à une dégradation de l’environnement et à l’accroissement des chocs conjoncturels et structurels dans la région de Maradi, la population de la zone a développé des stratégies afin de lutter contre les risques de vulnérabilité à l’insécurité alimentaire et la pauvreté. En effet, les nombreuses crises climatiques et alimentaires ont induit le développement de stratégies extrêmes de la population telles que la coupe abusive du couvert ligneux. Or, ces coupes ont fragilisé un environnement sahélien aux ressources souvent limitées. En outre, la démographie des zones du sud de Maradi, dépassant les 100 habitants au kilomètre carré (hab/km²), accroit la pression sur l’environnement, le morcellement et la saturation des parcelles agricoles familiales.

Toutefois, de nombreuses mesures ont été mises en place afin d’accroitre la résilience environnementale des populations. En effet, depuis 1980, le Fond International de Développement Agricole (FIDA) a introduit la Régénération Naturelle Assistée (RNA) dans la zone de Maradi. Celle-ci est une méthode d’agroforesterie participative valorisant les rejets d’arbustes ligneux endogènes permettant une reconstitution du couvert ligneux des parcelles agricoles. La RNA a induit depuis 30 ans un effet inverse permettant d’améliorer l’environnement, le couvert ligneux (fertilité des sols, protection contre le vent, ombrage) mais aussi les revenus et conditions de vie des ménages.

Dans le cadre d’un partenariat scientifique avec le FIDA, une étude des impacts socioéconomiques a été réalisée dans un village de la région de Maradi. La présente étude, réalisée entre juin et novembre 2015, repose sur des entretiens auprès de personnes ressources et des enquêtes semi-structurées. L’objectif du présent article est de dégager une analyse et synthèse des impacts socioéconomiques d’une stratégie telle que la RNA permettant d’accroitre la résilience environnementale des ménages.

L’article souligne, à l’aide d’un cas concret (la RNA), l’importance de diversifier et de renforcer les stratégies des ménages afin d’accroitre la résilience et de permettre aux ménages de s’intégrer dans une logique de développement durable au sein d’une communauté.

La résilience environnementale est définie comme étant les différentes capacités et stratégies des ménages à faire face aux incertitudes et risques environnementaux. Les résultats démontrent de nombreux impacts socioéconomiques comme l’accroissement des rendements agricoles, l’accroissement de la disponibilité en bois destiné à l’énergie, l’accroissement de la valeur foncière des parcelles pratiquant la RNA, et l’accroissement du fourrage ligneux.

D’autres impacts socioéconomiques difficilement quantifiables tels que la pharmacopée, le bois de construction et l’artisanat seront aussi décrits. Le présent article abordera les risques qu’encourent les ménages d’une zone fragile comme la région de Maradi. En outre, l’article s’attachera à décrire la population de ces zones et leurs nombreuses stratégies d’adaptation en vue d’accroitre sa résilience face aux nombreux risques de chocs conjoncturels et structurels. Ensuite, le présent article décrira la RNA dans la zone d’étude et ses impacts socio-économiques. Fort de cette analyse et des résultats démontrant le renforcement des capacités à lutter contre des chocs environnementaux, l’article soulignera l’importance de développer une méthode participative se basant sur un savoir local et permettant d’accroitre la résilience des ménages de la région de Maradi. Enfin, il tentera, à l’aide de l’exemple de la RNA, d’insister sur le développement de stratégies diversifiant les capacités des ménages et s’intégrant dans une logique de développement communautaire.

Les relevés sur le terrain ont été réalisés dans une zone sud de la région de Maradi et plus précisément dans le terroir de Dargué.

Information aux auteurs : Le RECA a procédé à une mise en forme de la note d’origine disponible sur plusieurs site web. Cette option a été prise pour « aérer » le texte et favoriser la lecture des résultats de cette étude au Niger. Le texte n’a subi aucune modification en dehors de la correction d’une erreur sur les numéros de graphiques.

Télécharger le document, 10 pages, 1,3 Mo.

Photo : Sarclage mécanique dans un champ du village de Dargué (RECA)

2 Messages de forum

  • Résilience et RNA /Dargué (Maradi) 15 septembre 2016 18:16, par Dr Sani Boukari Abdou

    Merci beaucoup, RECA. La lecture du document m’a rappelé les outils que nous avions utilisés entre 1996 et 2000 au Projet de Gestion des Ressources Naturelles (PGRN) pour établir les diagnostics des terroirs et aboutir à l’élaboration des Plans de gestion des terroirs (PGT). Il me semble que l’équipe n’a utilisé que le premier outil appelé DP (Diagnostic Participatif). Le DP est un processus intensif et itératif d’apprentissage orienté vers la connaissance de situations économiques - sociales – culturelles d’une communauté. Ce processus prend en compte les acteurs locaux comme sujets co-auteurs du diagnostic et non comme objets passifs d’un diagnostic externe. Au cours de ce DP, on avait utilisé des stratégies de captage d’informations auprès des populations (l’histoire du village, la réalisation de la carte des ressources (naturelles et socio-économiques) du village par les populations, la réalisation des transects, la typologie des exploitations du village en fonction de leurs actifs, etc..). Pour cette étude dans le terroir de Dargué l’accent a été mis sur la RNA. A l’époque, nous avions été encadrés par le Professeur Boureima du département de géographie de l’UAM. je me suis parfaitement retrouvé puisque c’est la même méthodologie qui a été utilisée pour réaliser ce travail à Dargué. PS : en plus du DRP, beaucoup d’autres outils nous ont été enseignés par la même équipe du Professeur Boureima dans une approche participative avec les populations des communautés afin de réaliser des plans de gestion de leurs terroirs avec des plans d’actions (ce qu’on appelle les "3 Affiches") des actions. - Techniques de négociations « 3 affiches » - Planification participative Communautaire - Analyse des projets - Gestion des terroirs et des micro-projets communautaires - Evaluation participative et Etude d’impact participative des micro-projets et des Plans de Gestion des Terroirs - Techniques de communication et formation des formateurs - Mise en oeuvre et suivi-évaluation participatives des actions.

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  • Résilience et RNA /Dargué (Maradi) 16 septembre 2016 14:49, par Mohamed

    Bonjour Monsieur on vous remercie pour le partage sur ce thème,un master a été soutenu a l’université de Maradi sur la RNA dans la région de Zinder. La RNA contribue la résilience des ménages et permet un développement des espèces déjà existante dans la zone.

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