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Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Moringa et nématodes

Publié le samedi 29 juillet 2017

Les nématodes parasites du Moringa dans la zone périurbaine de Niamey (Niger).

Rédaction : A. Haougui, A. Basso (Institut National de la Recherche Agronomique du Niger), I. Mossi Maïga (Université de Tillabéri, Niger) - 2017.

Moringa (Moringa oleifera Lam) est une culture qui prend de plus en plus de l’importance au Niger mais très peu d’intérêt a été porté aux problèmes phytosanitaires. L’objectif de l’étude était d’identifier les nématodes parasites qui lui sont associés.

Les nématodes sont des vers de très petites tailles, invisibles à l’œil nu. Les cultures maraîchères sont attaquées par un grand nombre de nématodes, mais les nématodes à galles du genre Meloïdogyne sont probablement les plus graves ennemis des maraîchers sous toutes les latitudes. Les symptômes d’une attaque de Meloïdogyne sont caractéristiques et aisés à remarquer : le système racinaire est envahi de galles.

Les trois principaux sites de production de Moringa de la région Ouest du Niger ont été choisis comme zone de l’étude. Il s’agit de : Kingel, Karey-gorou et Sarando.

Les résultats enregistrés au cours de cette étude montrent que sur tous les 3 sites visités, Moringa est attaqué par 11 genres de nématodes parasites. Tous ces genres ont déjà été rencontrés sur les cultures maraichères (Haougui, 1999).

Dans tous les sites, les nématodes à galles du genre Meloidogyne sont présents. Dans les racines, ils constituent l’essentiel des communautés de nématodes parasites. Au Niger, 3 espèces ont été rencontrées. Ce sont les nématodes parasites les plus dangereux sur les cultures maraichères sous les tropiques. Haougui et al. (2008) ont rapporté qu’ils peuvent provoquer des pertes de rendement voisines de 60% sur la tomate et une forte infestation peut aboutir même à l’échec total de la culture.

Lors de notre prospection sur le terrain, aucun symptôme d’attaque n’était perceptible sur les plants de Moringa, malgré les fortes densités de Meloidoyne dans les racines. Cette observation corrobore les résultats rapportés par Prot (1984) qui pensent que le Moringa est une plante réservoirs de Meloidogyne.

Donc au même titre que les espèces des haies vives, cette plante participe à la contamination des cultures maraichères qui sont dans leur voisinage immédiat (Cadet et Senego, 2007).

Cette étude confirme aussi la polyphagie des nématodes à galles qui peuvent s’attaquer à plus de 200 espèces végétales à travers le monde (Nourh, 2012). En plus, ces nématodes ont été rencontrés dans tous les sites maraichers du Niger où ils sont le principal facteur limitant à la production (Haougui et al., 2013c et 2013d).

Ceci est d’autant plus grave qu’ils agissent le plus souvent en synergie avec les agents des maladies vasculaires (Gomez et al., 2011). Haougui et Bizo (2009) ont montré la présence simultanée de Meloidogyne spp, de Ralstonia solanacearum et de Fusarium spp sur le poivron dans la zone d’Aguié et ont attribué la baisse des productions de cette culture dans la région de Maradi (Niger) à l’action de ce complexe parasitaire sur la presque totalité des parcelles.

Conclusion

L’étude révèle que la rhizosphère de Moringa abrite une communauté plurispécifique de nématodes phytopathogènes, dont Meloidogyne spp qui constitue un facteur limitant à la production des cultures maraîchères au Niger. Donc, tout programme de développement de ces dernières doit tenir compte de ce statut nématologique du Moringa. Il conviendrait de ne pas les associer sur les mêmes parcelles.

Télécharger les résultats de l’étude en français, 10 pages, 1,1 Mo.

Télécharger la publication en anglais, 10 pages, 516 Ko.

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