La vente de tracteurs au Niger
Publié le vendredi 4 décembre 2009
Le Niger a bénéficié depuis 2000 d’environ 500 tracteurs de 30 et 35 CV d’origine chinoise, auxquels il faut ajouter un certain nombre de tracteurs d’une puissance supérieure (75 ou 80 CV).
Quelles sont les modalités d’acquisition de ces tracteurs ? Qui a pu bénéficier de ces équipements ? Quels sont les résultats obtenus ? Ces questions intéressent les organisations paysannes et les producteurs agricoles ressortissants des Chambres d’Agriculture.
Le RECA vous présente les premières informations recueillies lors d’un atelier sur « les expériences de crédit non monétaires » organisé par la Direction du Crédit décentralisé du Ministère de l’Aménagement du territoire et du Développement communautaire le 3 décembre 2009. Ces informations sont à améliorer et compléter, nous comptons sur vous pour nous aider à le faire, n’hésitez pas à nous faire part de vos remarques et expériences.
Au Niger, c’est la Centrale d’approvisionnement (CA) qui est chargée de la gestion et de la vente des dons en intrants agricoles et équipements (tracteurs, charrues, charrettes, moulins à grains, décortiqueuses, etc.). La Centrale d’approvisionnement est placée sous la tutelle du Ministère du Développement agricole. La CA exécute les décisions du Ministère et les prix sont arrêtés en Conseil des Ministres.
En 2000, la Centrale d’approvisionnement a reçu un lot de différents matériels dont 250 tracteurs de 30 et 35 CV en provenance de Chine. Ces tracteurs ont été dans un premier temps vendus au comptant.
Ce n’est qu’en 2004 que furent mises en place les premières ventes à crédit. Les prix des tracteurs ont été fixés respectivement à 3 millions et 3,5 millions de F.CFA, remboursables en 3 ans. Pour acquérir un tracteur, il faut verser 1 ou 1,5 millions au comptant en première année et deux échéances de 1 million de F.CFA la 2e et la 3e année selon le type de tracteur.
Au niveau de chaque région une commission devait identifier les grands producteurs, ayant une superficie supérieure à 50 ha, qui pouvaient bénéficier de ce crédit. Mais l’opération a été confrontée à un problème de remboursement d’où la révision des modalités de paiement et de crédit dès 2005.
A partir de cette date, un versement de 2/3 du prix du tracteur devait être fait au moment de l’achat, puis le dernier tiers au cours des deux années suivantes. Les difficultés de remboursement ont cependant persisté.
En 2006, avec l’arrivée d’un nouveau lot de 250 tracteurs dans le cadre du Programme spécial du Président de la République, il a été décidé de changer les formules d’acquisition des tracteurs. Les tracteurs sont orientés vers les « élites », qui sont sensés les acheter « au profit » de la population rurale. Cette nouvelle formule a pour objectif de résoudre le problème d’insolvabilité des agriculteurs. A titre d’exemple, les Ministres peuvent acquérir un tracteur en payant un acompte de 1,5 millions de F.CFA et bénéficient d’une période de 30 mois pour régler les 2 millions restant sous forme de mensualités. Les Députés, par contre, ne disposent que de 20 mois pour le même montant. Pour acquérir un tracteur il faut donc, en priorité, être solvable et disposer de revenus réguliers.
Une autre formule a également été mise en place par le Ministère du Développement agricole lors de la campagne 2009 afin de rendre plus accessibles les tracteurs aux producteurs agricoles : le « mulching système ». Cette opération consiste à mettre à la disposition des Directeurs départementaux de l’Agriculture (DDA) un ou des tracteurs qui pourront réaliser des prestations de services pour les agriculteurs. Un comité départemental est chargé de fixer le prix de la location et la manière d’utiliser le tracteur (par ha, par jour, par heure, le mode de paiement, etc.). Chaque département définit son mode de fonctionnement et gère son tracteur.
Un 3ème lot de tracteurs composé de matériel de 75 ou 80 CV, dont les prix varient de 10 à 12 millions, a été réceptionné par la CA. Ces tracteurs peuvent également être achetés à crédit avec un premier versement qui varie de 3,1 millions à 4,2 millions de F.CFA. Vu le coût élevé de ces tracteurs, la CA n’a pas pu les écouler.
Selon les données disponibles, sur 500 tracteurs de 30 ou 35 CV provenant de Chine, 69 ont été vendus directement au comptant dont 54 sur Niamey. En plus 154 tracteurs ont été vendus à crédit. Le nombre de tracteurs mis en prestation de services dans les départements n’est pas connu.
