RECA

Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Engrais 2010 /Estimation de la consommation

Publié le jeudi 2 décembre 2010

Essai d’estimation des quantités d’engrais utilisées pour la campagne hivernale 2010

Cette note présente les premières données disponibles à partir des informations recueillies auprès de la Centrale d’approvisionnement, la FAO, la FUCOPRI, La Fédération SA’A, la FUBI, Mooriben et les Chambres Régionales d’Agriculture. C’est une note provisoire et ce ne sont que des données partielles pour une première estimation. Merci d’avance à tous ceux qui pourront nous aider à compléter ces informations. Il semble quand même important de connaître le niveau de consommation d’engrais au Niger.


Dans le rapport du Niger présentant « les résultats de la campagne agricole » (évaluation préliminaire, octobre 2010), il est indiqué les appuis prévus en engrais pour les préparatifs de la campagne. Une quantité de 27.707 tonnes d’engrais est donc indiquée.

Il s’agit vraisemblablement d’une prévision. Le RECA a essayé de faire le point sur l’utilisation des engrais au cours de la campagne hivernale 2010 en interrogeant régulièrement les structures chargées de l’approvisionnement et les organisations de producteurs.

La Centrale d’approvisionnement reste, de loin, le 1er fournisseur d’engrais

La Centrale d’approvisionnement en intrants et matériel agricole (CAIMA) reste le principal fournisseur d’engrais au Niger.

Le RECA a effectué trois passages à la CAMIA pour suivre l’évolution des stocks au cours de la campagne : en mars, août et octobre 2010. Au 15 mars 2010, la CAIMA disposait de 13.434 tonnes d’engrais en stock dont 50% se trouvaient au siège de Niamey et le reste réparti dans les régions. Il s’agissait en majorité d’urée (61%), de triple 15 (17%) et de DAP (22%). A la fin de la campagne, au 25 octobre 2010, il restait 3162 tonnes d’engrais en stock dans les magasins de la CAIMA, dont 90% d’urée, le reste étant un peu de NPK. Le DAP ayant été presque entièrement consommé. La CAIMA a fourni les chiffres des stocks au 15 mars et au 25 octobre et n’a pas bénéficié d’approvisionnement entre ces deux dates. Nous avons donc considéré la variation de stocks entre ces deux dates comme engrais utilisés au cours de la campagne. Les chiffres ne sont pas disponibles au niveau du RECA pour faire une répartition par région.

La variation de stock donne une consommation apparente de 10.272 tonnes pendant la campagne d’hivernage.

Les approvisionnements de la FAO

Dans le cadre des programmes d’urgence, la FAO a distribué 1.000 T d’engrais tout type confondus à 50.000 ménages pour la campagne hivernale 2010, soit 20 kg par ménage. Cela représente de quoi fertiliser 0,33 ha de cultures pluviales par famille sur la base des microdoses recommandées pour le NPK, soit 60 kg/ha, ou 1 ha par famille s’il s’agit de DAP. La FAO a également acheté 650 T à destination de ses différents projets dont les boutiques d’intrants. Les achats d’engrais sont effectués directement par le siège à la FAO. Les engrais ont été achetés auprès du fournisseur SIMONIS au Pays Bas. Il y a aussi quelques quantités supplémentaires achetées par d’autres projets de la FAO, mais tous ces achats ont alors été fait sur le marché local ou auprès de la centrale d’approvisionnement et ne doivent pas dépasser 200 T au maximum, d’après les informations reçues.

Les achats de la FAO se monteraient donc à 1.850 tonnes pour la campagne hivernale.

Les autres approvisionnements hors CA

- La Fédération SA’A (Région de Maradi), pour la culture du souchet, a réalisé une commande groupée de 500 tonnes d’engrais importés du Nigeria.

- Les fournisseurs privés hors CA

Pour le secteur privé, le RECA a interviewé des détaillants du petit marché de Niamey sur la provenance de l’engrais qu’ils vendent. Ils ont témoigné que l’engrais leur provient de deux sources : d’une part c’est l’engrais de la CA qu’ils peuvent acquérir en déposant leur bon de commande au niveau de la CA car ils sont reconnus comme détaillants agréés, limité à 10 sacs de chaque type d’engrais disponible, et d’autre part l’engrais leur provient d’autres sources comme le Bénin, le Nigeria et même du Niger par d’autres canaux.

Pour ces autres sources, le type d’engrais disponible sur le marché en fin septembre 2010 est le NPK triple 15 qui leur revient à 16 000 F et le kg se vend à 350 F (soit 17.500 F/sac), l’urée qui leur revient à 15.000 F le sac et le kg se vend à 325 F (soit 16.250 F/sac), et aussi du NPK 20.10.10 qui se vend à 350 F le kg. Les quantités disponibles restent faibles et ces commerçants font uniquement de la vente au détail.

Le total identifié des engrais utilisés : la Centrale d’approvisionnement 10.272 tonnes, la FAO 1.850 tonnes, la Fédération SA’A 500 tonnes soit un total de 11.622 tonnes dont au moins 25% pour la riziculture.

Et pour la campagne hivernale 2010 ?

Compte tenu des données manquantes, il est possible d’arrondir le chiffre des engrais utilisés à 15.000 tonnes. Cela reste très peu pour environ 6,5 millions d’ha cultivés. Cela donne une dose d’engrais moyenne de 2,3 kg / ha.

On peut estimer que 3.000 tonnes au minimum sont destinées à la riziculture et au souchet. Il resterait 12.000 tonnes pour les cultures pluviales. Pour une superficie de 6,5 millions d’ha cela ferait une utilisation moyenne de 1,8 kg par ha pour les cultures pluviales. C’est insignifiant pour espérer un impact sur l’amélioration de la productivité.

Si l’on prend en compte la pratique de la microdose, c’est-à-dire une utilisation de 40 kg/ha en moyenne , une quantité de 12.000 tonnes d’engrais permet de fertiliser 300.000 ha de cultures pluviales soit moins de 5% des surfaces cultivées.

Quelles ont les quantités nécessaires pour atteindre les objectifs énoncés ?

Avec une surface cultivée moyenne estimée à 6,5 millions d’ha les bonnes années, il faudrait utiliser :

- pour que le Niger soit au niveau de la moyenne de la CEDEAO (9 kg/ha) une quantité de 58.500 tonnes d’engrais, soit 4 fois la consommation actuelle,
- pour que le Niger soit au niveau de la moyenne africaine (23 kg/ha) une quantité de 149.500 tonnes, soit 10 fois la consommation actuelle,
- pour que le Niger atteigne l’objectif de 50 kg/ha fixé dans la SIAD une quantité de 325.000 tonnes d’engrais soit … 20 fois la consommation actuelle.

En conclusion, la progression de l’utilisation des engrais au Niger semble globalement inexistante. Pourtant l’utilisation des engrais reste indispensable pour améliorer la production agricole. L’ensemble des organisations professionnelles doivent plus se mobiliser et … services techniques et partenaires pour avancer.

Les prix des engrais

- Pour la campagne 2010, la Centrale d’approvisionnement a vendu les engrais au prix de 13.500 F/sac pour tous les types d’engrais (DAP, Urée et triple 15). C’est un prix subventionné mais nous n’avons aucune idée du niveau de la subvention accordée par l’Etat.
- Les achats de la FAO sont revenus à environ 20.000 F/sac tout type d’engrais confondus.
- Les revendeurs de Niamey donnent un prix d’achat du sac livré dans leurs boutiques entre 15.000 et 16.000 F/sac selon le type d’engrais. Le projet PDIT qui a fait une commande auprès d’un fournisseur de Niamey se situe dans le même ordre de prix (16.750 F/sac tout type d’engrais confondus).

Ceci est un extrait, vous pouvez lire cette note dans son intégralité.

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