RECA

Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Banques céréalières/ stratégie nationale

Publié le mardi 21 décembre 2010

Stratégie nationale des banques céréalières au Niger

Le Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, à travers la Direction de l’Action coopérative et de la Promotion des organismes ruraux, a réalisé en 2009 une étude sur la révision de la Stratégie nationale des banques céréalières.

L’objectif recherché est de doter le pays d’un document de référence qui décrit la manière dont l’opération « banque céréalière » devrait être menée pour atteindre avec efficacité les objectifs qui lui sont assignées.

Cette étude a permis d’élaborer deux documents :
- le premier intitulé « Etat des lieux des banques céréalières" ;
- le second intitulé « Stratégie nationale des banques céréalières au Niger ».

Ces deux documents ont fait l’objet de présentation au cours des réunions (Etat / partenaire) au niveau des toutes les régions du pays (pas d’information disponible sur le résultat de ces concertations).

Un atelier national pour valider la version révisée du document de la Stratégie national des banques céréalières se tiendra les 23 et 24 décembre 2010 à Niamey.


La banque céréalière (BC) peut être définie comme une des activités économiques et sociales d’une structure associative ou une organisation paysanne qui gère une réserve de céréales pour le compte de ses membres à travers des opérations de collecte, de stockage, de conservation et de cession de céréales à des conditions favorables en vue de couvrir leur besoin alimentaire pendant la période de soudure.

L’importance des BC et l’engouement des populations pour cette activité ont été à la base de l’essor rapide des BC, passant de 77 en 1980, à 533 en fin 1991et à 3947 en 2006.

Malgré leur évolution et le rôle important qu’elles jouent dans la sécurité alimentaire et l’autopromotion paysanne, la situation des banques céréalières est caractérisée par :
- la multiplicité de promoteurs et de PTF qui soutiennent la mise en place des BC, ayant pour la plupart des démarches et des approches différentes qui conduisent souvent à des appellations différentes (banque céréalière, banque céréalière communautaire, banque de soudure, etc.) ;
- l’absence d’outil fort (cadre juridique formel) et une insuffisance des ressources des services déconcentrés de l’Etat pour les besoins d’encadrement, de suivi et de contrôle ;
- la présence des nouveaux acteurs (conseils communaux) dans l’arène locale qui pourraient contribuer à améliorer le dispositif de suivi évaluation en vue d’une durabilité des BC appuyées ;
- l’absence de statistique fiable sur le stock des BC ;
- la faiblesse ou l’absence de la prise en compte du nouveau contexte de la communalisation dans le processus de mise en place des BC.

C’est pour pallier toutes ces insuffisances et pour tenir compte du nouveau contexte socio politique en évolution dans le processus d’implantation des BC, que s’inscrit la présente Stratégie Nationale des Banques Céréalières du Niger.

La présente stratégie nationale traduit la volonté de l’Etat et de divers intervenants de définir un cadre cohérent et adapté à la réalité nigérienne en vue de promouvoir les banques céréalières. Elle est la résultante de plusieurs décennies d’expériences en matière d’initiation, d’implantation, d’organisation et de gestion des banques céréalières au Niger soutenues par divers partenaires techniques et financiers. Elle comporte les éléments essentiels pour assurer la réussite des banques céréalières.

Ce document, loin de présenter le constat de la situation des banques céréalières, se voudrait plutôt être une référence de la manière dont l’opération BC devrait être menée pour atteindre avec efficacité les objectifs qui lui sont assignés.

La stratégie nationale des BC cerne les principes de base de l’activité banque céréalière depuis son initiation en passant par les différentes étapes de son implantation jusqu’au désengagement des promoteurs.

Du point de vue de son application, le Ministère en charge du Développement Agricole, qui est le maître d’œuvre à travers la Direction de l’Action Coopérative et de la Promotion des Organismes Ruraux (DAC/POR), veillera à ce que les implantations des BC ne se fassent plus en ordre dispersé et selon le bon vouloir des promoteurs ; mais doivent respecter l’esprit de la présente Stratégie dans l’intérêt des populations bénéficiaires.

Désormais, toute intervention dans ce domaine se doit être conforme à la démarche décrite dans le présent document.

Il reste entendu que d’autres expériences pourront venir enrichir cette Stratégie pour qu’en fin de compte elle devienne davantage adaptée aux réalités du moment et acceptée par tous.

Télécharger la stratégie nationale des BC