RECA

Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Evaluation /Recherche agricole du Niger

Publié le mardi 8 février 2011

Evaluation de la recherche agricole au Niger / extraits

Cette note est un extrait de « l’évaluation de la recherche agricole au Niger », note pays écrite par : Gert-Jan Stads, Mourima Issoufou et Aboubacar Malam Massou - Indicateurs relatifs aux sciences et technologies agricoles (ASTI) et Institut national de la recherche agronomique du Niger (INRAN) - Juillet 2010, 8 pages

Au vu du contenue de cette évaluation, il a semblé particulièrement important d’informer l’ensemble des organisations professionnelles agricoles de la situation de notre recherche agricole.


En 2008, le financement de la recherche agricole au Niger ne dépassait pas 0,25 % du Produit intérieur brut agricole (PIBA) ce qui classe le Niger parmi les pays africains qui investissent le moins dans la recherche agricole.

En 2008, les dépenses consacrées à la recherche et développement agricole avaient chuté de 80 % par rapport au niveau enregistré en 1998, l’année de l’achèvement du Projet de recherche national agricole (PNRA). Depuis cette date, la recherche agricole nigérienne en général (et l’INRAN en particulier) se trouve dans une situation financière pénible.

Bien que l’INRAN reçoive un montant annuel de 500 millions de francs CFA (courants) du Gouvernement, ce montant ne couvre même pas les coûts salariaux (à raison de 611 millions de francs CFA en 2008) et l’institut est obligé de générer de ressources en interne (vente de semences ou de produits et location du matériel agricole) pour y subvenir. Les coûts de programme sont entièrement pris en charge par des bailleurs de fonds ou des réseaux régionaux.

Entre 2005 et 2008, l’effectif des chercheurs titulaires d’un doctorat de l’INRAN est passé de 26 à 17, réduction en partie causée par le départ de certains scientifiques hautement qualifiés pour des emplois mieux rémunérés dans des organisations non gouvernementales ou internationales. En plus, un gel de recrutement à la fonction publique fait monter en flèche l’âge moyen du personnel de recherche. Des dizaines de chercheurs prendront leur retraite dans les années à venir et il est donc crucial de recruter et de former de jeunes chercheurs fin de pouvoir maintenir, au niveau national, une masse critique de scientifiques agricoles.

La ventilation des ressources entre les différents axes de recherches représente une décision de politique importante. En 2008, 42 % des chercheurs agricoles nigériens effectuaient des recherches sur les cultures, 38 % sur la sylviculture, 29 % sur les ressources naturelles et … 9 % sur l’élevage. La forte réduction de la part de l’élevage est en grande partie attribuable à la cessation de toutes les activités de recherche zootechnique de l’INRAN.

Les cultures les plus étudiées au Niger sont l’arachide et le niébé : en 2008 l’arachide absorba 24 % des ressources globales consacrées à la recherche agronomique et zootechnique et le niébé 22 %. Parmi les autres cultures importantes, on relève le mil (13 %), le sorgho (12 %) et le sésame (9 %). La filière bovine (7 %) était la plus importante quant aux recherches sur l’élevage.

En fait, depuis l’achèvement du PNRA, la recherche de l’INRAN ne s’organise plus en programmes thématiques, mais en projets financés par des donateurs. Depuis le tournant du millénaire, la liste des principaux bailleurs de fonds inclue l’AGRA, le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA), la Fondation McKnight et INTSORMIL, un programme d’appui aux collaborations internationales de recherche sur le sorgho et le mil.

Les projets en cours de l’INRAN

- Depuis 2009, l’AGRA contribue un montant de 33 millions de francs CFA à un projet sur la sélection et l’amélioration du sorgho et une somme de 312 millions de francs CFA à un projet concernant le microdosage des engrais. Des financements annuels comparables sont attendus d’ici 2012.
- Le FARA pilote le « Programme challenge pour l’Afrique subsaharienne » (PCASS) dont le financement cumulé pour la période 2006–2009 était de 252 millions de francs CFA. Le PC ASS vise, entre autres, à instaurer des systèmes de production pour les petits exploitants d’Afrique subsaharienne qui soient en adéquation avec une bonne gestion des ressources naturelles. Au Niger le PC ASS du FARA se déroule sur le site d’apprentissage pilote (SAP) Kano-Katsina- Maradi, dans la région de Maradi.
- Au cours de la période 2006–2009, la contribution à l’INRAN de la Fondation McKnight s’est élevée à 259 millions de francs CFA (courants). La Fondation a financé un projet d’envergure qui visait à améliorer l’accès des paysans aux ressources génétiques de mil et de sorgho et de développer des variétés spécifiquement adaptées aux conditions de production de la région.
- Pendant la période 2000–2009, le programme INTSORMIL a également appuyé des recherches de l’INRAN sur le mil et le sorgho, d’un montant cumulé de 233 millions de francs CFA (courants).

Une amélioration de la situation en perspectives…

Il semble qu’après des années d’insuffisance, la situation financière de l’INRAN va s’améliorer en 2010 et 2011. On s’attend à ce que le niveau total des contributions des bailleurs de fonds atteigne les 760 millions de francs CFA (courants) en 2010 – nette augmentation par rapport aux 356 millions reçus en 2009.

Cette hausse s’explique par la signature d’une convention avec l’AGRA qui finance le projet sur la sélection et l’amélioration du sorgho mentionné ci-dessus et par le lancement au Niger du Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO/WAAPP) prévu pour le début de 2011. Coordonné par le CORAF, ce programme a pour objectif de générer et de diffuser des technologies améliorées dans les zones prioritaires des pays participants qui sont alignées sur les priorités de la sous-région, telles que définies par le CORAF.

Lancée en 2007, la première phase du PPAAO/WAAPP se concentrait sur trois pays et trois thèmes prioritaires : les racines et tubercules au Ghana, le riz au Mali, et les céréales au Sénégal. En 2009, la planification de la deuxième phase du projet prévoyait l’inclusion de sept pays supplémentaires, parmi lesquels on relève le Niger. Le Niger prendra en charge la filière élevage et touchera un montant de 30 millions de dollars américains (courants) sur une période de cinq ans. Le projet concernera l’INRAN, le Centre de multiplication du bétail (CMB) et l’Université Abdou Moumouni (UAM) et comportera un volet « recherche », un volet « réhabilitation » et un fonds compétitif.

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