RECA

Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Situation de l’ensablement du département de Maïné Soroa

Publié le samedi 26 février 2011

Note de lecture : Etude sur la dynamique de l’ensablement dans le département de Maïné-Soroa

Etude réalisée par Zabeirou Toudjani, Guéro Maman, Amadou Bachir - ONG Karkara, AFVP - Projet d’Appui à la Gestion des Ressources Naturelles (PAGRN) Octobre 2004, 40 pages, 1892 Ko


Cette étude a été financée par la Coopération danoise dans le cadre de la 2ème phase du Programme d’Appui Danois au Développement Rural (ADDR2). Ce programme a précédé le programme d’Appui au Secteur Rural (PASR) 2009-2013 financé avec l’appui de la Coopération danoise, dont la Chambre Régionale d’Agriculture (CRA) de Diffa est un des acteurs. La CRA de Diffa s’est mobilisée pour que le travail des structures et équipes précédentes soit disponibles et puissent servir à orienter les activités actuelles ou à venir.


L’étude couvre la partie sud des cantons de Maïné-Soroa et Goudoumaria sur une superficie de 5764 Km2 soit 38% de la superficie du département de Maïné-soroa.

Cette étude consiste principalement à établir des produits cartographiques sur l’occupation des sols et de l’ensablement à partir des données spatiales à plusieurs dates (1975, 1986, et 2003) afin d’analyser la dynamique de l’ensablement des unités paysagères et de déterminer les zones à risque.

La steppe arbustive à Leptadenia pyrotechnica et Calotropis procera constitue la principale formation végétale naturelle que l’on rencontre dans le sud du département de Maïné Soroa.

En dehors de cette formation végétale, des nuances liées à la topographie et à la proximité de la nappe phréatique, ont permis l’installation d’une végétation à palmiers (Doumier, Rônier et Dattier). Les vallées, bas-fonds et cuvettes qui sont des terres agropastorales constituent la seconde unité d’occupation des sols.

En 1975, les statistiques de l’occupation des sols confirment que cette année est un bon choix comme date de référence car, du point de vue de l’ensablement, la situation de la zone est restée stable malgré l’instabilité climatique du moment. En effet, il n’existe presque pas de dunes vives en 1975 hormis les 70 ha de dunes détectés à l’Est et autour de Kasoulwa. Cependant, un peu partout dans la zone, on rencontre la steppe arbustive dégradée sur presque 8% de la zone. La steppe arbustive à Leptadenia représente plus de 55%.

En 1986, les zones d’ensablement se sont déjà manifestées et occupent un peu moins de 5% (dunes vives coalisées et dunes vives isolées couvrent chacune la moitié des zones ensablées) soit 26.200 ha. Cette extension s’est déroulée au détriment surtout de la steppe arbustive à Leptadenia qui a perdu 5% de sa superficie en 1986 soit 29. 200 ha.

En 2003, les zones d’ensablement représentent 32% de la superficie cartographiée, soit 186.000 ha, alors que la steppe arbustive à Leptadenia a perdu 158.800 ha soit 55% de sa superficie de 1986. L’ensablement s’est généralisé d’Est vers l’Ouest et du Nord vers le Sud. De plus, les terres de cultures dunaires qui étaient restées sans grand changement jusqu’en 1986 ont vu leur superficie passer de 28.700 ha à environ 45.550 ha soit une augmentation de 16.800 ha.

Les statistiques découlant de la carte de changement montrent que toutes les classes d’occupation des sols sont affectées à des degrés divers par le phénomène de l’ensablement. Pour le moment, c’est la steppe arbustive à Leptadenia et Calotropis qui est la plus affectée. Sa partie ensablée de 1986 à 2003 équivaut à 21% de la superficie de la zone.

L’extension constatée des zones de cultures dunaires (45.550 ha en 2003 contre 28.700 ha en 1986 soit 58% environ) aux dépens des autres unités (notamment les aires de pâturage et les formations forestières naturelles) peut s’expliquer aussi bien par des raisons d’ordre naturelle (accroissement de la population, baisse de fertilité des sols cultivés) que des stratégies de survie des producteurs (culture itinérante, faible durée de jachère, utilisation de la fumure minérale et organique rare).

Presque 43% soit 12.400 ha des terres de cultures dunaires situées autour des villages ont été ensablées entre 1986 et 2003, ce qui a poussé les populations à en défricher davantage.

Pour télécharger la note de lecture cliquer ici, 378 Ko

Pour télécharger l’étude cliquer ici, 1892 Ko