RECA

Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Elevage /Déstockage d’urgence au Niger

Publié le dimanche 20 mars 2011

Opération de déstockage des animaux au Niger...

Avec 32 millions de têtes toutes espèces confondues, le Niger est sans conteste un pays d’élevage. Cette activité, outre sa forte contribution à l’économie nationale, participe significativement aux stratégies de lutte contre la pauvreté au sein des ménages. Toutefois, les sécheresses récurrentes qui sévissent au Niger constituent un risque majeur pour le bétail. Les années de sécheresse se traduisent par des déficits fourragers dont les conséquences sur le cheptel sont les mortalités, les chutes de poids et de production, les avortements, etc.

Ainsi, suite à deux années successives de mauvaises campagnes pastorales, une situation difficile s’annonçait pour les éleveurs en 2010. En effet, le pays a enregistré un déficit fourrager considérable. Les résultats obtenus à l’évaluation finale de la campagne 2009 indiquaient un déficit équivalent aux besoins de deux tiers du cheptel national.

La situation pastorale s’est donc très vite dégradée dès le mois d’avril entraînant des pics de mortalité le mois suivant. Pour anticiper les pertes sèches, les éleveurs ont bradé les animaux faibles et mourants.

Face à cette situation, des partenaires techniques et financiers ont initié des opérations de déstockage, consistant à abattre les animaux épuisés par la crise en contrepartie d’une valeur monétaire versée à leurs propriétaires. Ainsi, plusieurs milliers de têtes ont été vendues à des prix plus acceptables pour les éleveurs bénéficiaires. De plus, la viande de ces animaux a été distribuée aux ménages vulnérables affectés par la crise alimentaire.

Les leçons apprises en 2010...

Faut-il inclure le déstockage dans les activités d’urgence ? Comment cibler les bénéficiaires ? Que faire de la viande ? Ces séries de questions que se posaient les partenaires techniques et financiers en pleine crise pastorale étaient le reflet d’un dilemme entre la nécessité d’organiser des opérations d’abattage d’urgence pour éviter aux éleveurs des pertes sèches et la crainte de se lancer dans une activité pour laquelle les partenaires n’avaient pas suffisamment d’expérience.

Finalement, le choix a été fait d’intégrer le déstockage aux activités d’urgence. Quelques partenaires techniques se sont donc lancés dans cette opération-test dans une dizaine de localités au Niger. Il s’agissait pour eux comme pour les partenaires financiers d’une recherche-action, qui devait permettre de capitaliser tous les aspects de cette activité et d’en tirer les principaux enseignements pour le futur.

Par ailleurs, Oxfam avait déjà capitalisé son expérience sur le déstockage en 2005 et a partagé celle-ci avec les intervenants de 2010.

Lorsque l’opération fut terminée, les partenaires techniques et financiers ont jugé important de se réunir pour initier un processus de réflexion sur le « déstockage comme moyen d’aide d’urgence et d’entreprenariat rural en élevage ».

A cette fin, un atelier technique d’échanges et de capitalisation a été organisé, le 3 novembre 2010, par le CICR, Oxfam et VSF-Belgique, avec la participation de : DREIA / Agadez, FAO, OCHA, CESAO, Care, SNV, Karkara, AREN, FNEN Daddo Zinder, Timidria, Afrique verte, ACH.

Fruit de cet atelier, le présent document vise à fournir un éclairage sur les contours du déstockage comme activité d’aide d’urgence à l’élevage. Il est destiné aux acteurs de terrain et aux partenaires financiers et pourra servir à l’élaboration ultérieure d’une stratégie propre au déstockage.

Comité de rédaction : Hélène Gobin, Gille Vias, Stéphane Pil (VSF-B), Mahamad Aly Ag Hamamna (Oxfam), Franziska Voegtli (CICR).

Attention : document de 31 pages et 2,4 Mo

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