RECA

Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Appui-conseil /approche filière

Publié le lundi 1er août 2011

Réflexions sur concept appui-conseil / approche filière - Cellule d’Appui à la Structuration des OP -CASOP)

Ce document a été rédigé par Patrick Sauter, avec l’appui de Sophie Pauget (AT-CT Diffa) , Andréa Wetzer (GTZ Lucop-Ti), Sylvain Garraud (EH Lucop Agadez), Eric van Sprundel (FFK Zinder) – DED / Janvier 2007

Le premier Bureau exécutif de la Chambre Régionale d’Agriculture de Diffa a été élu le 20 juin 2005 à l’issue d’un processus participatif désignant les membres consulaires, processus financé par le Programme d’Actions Communautaires (PAC).

Le 20 juin 2006, la mutuelle N’GADA, suite à son assemblée générale a écrit à ses partenaires DANIDA, DED et KARKARA pour leur transmettre la demande de ses membres concernant la structuration des OP de la Komadougou. Pour répondre à cette demande, l’ONG KARKARA et le DED ont mis en place une Cellule d’Appui à la Structuration des OP (CASOP), forts de l’expérience menée en particulier avec le PAPAK (Projet d’Appui aux Producteurs Agricoles de la Komadougou) de juillet 2003 à juin 2006.

De juillet à décembre 2006, la CASOP s’est attachée à capitaliser l’expérience du Projet d’Appui aux Producteurs Agricoles de la Komadougou (PAPAK) et à réfléchir sur une stratégie de renforcement des OP de la Komadougou en étudiant en particulier les possibilités de création d’un centre de service et en analysant les formes qu’il pourrait revêtir. Cette étude a abouti sur la tenue d’un atelier début 2007 qui a réuni à Diffa une quarantaine de personnes représentants les organisations de producteurs, les services techniques, les projets, les communes et également les ONG et GIE intervenant auprès des OP.

Le CASOP a également participé à l’élaboration d’une « approche globale d’appui conseil sur une filière » permettant d’agir en fonction du niveau de maturité des « cibles » (communauté de base non organisée, groupe d’auto promotion, OP dynamique, etc.).

C’est ce document de réflexion qui est présenté ici.


Dans la dynamique actuelle des programmes de développement et les orientations des bailleurs de fonds, il est souhaité (souhaitable) que les producteurs agricoles se tournent vers une économie de marché. Cela sous-entend la création d’un esprit d’entreprenariat ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Bien que le monde rural ait évolué, on se retrouve dans la plupart des cas :

1. avec des systèmes de production toujours très extensifs demandant une disponibilité en ressources naturelles importantes (sol, eau, etc.) ce qui est de moins en moins évidents et source de conflits de plus en plus violent du fait de la réduction des espaces disponibles.

2. dans des cycles de production qui s’ils sont "intensifs" (filières) demandant de plus en plus :
- d’engrais du fait d’un manque de gestion de la fertilité des sols (absence ou insuffisance d’apport en matières organiques),
- de pesticides et de fongicides du fait de la monoculture qui favorise le développement des maladies et des parasites,
- d’espace pour les raisons précédentes afin de maintenir un niveau de production (on ne parle pas de productivité) et également car la recherche de gain incite de nombreux migrants à venir travailler sur les sites favorables (bas-fonds, mares, berges des cours d’eau, etc.),
- d’eau du fait de la promotion des cultures irriguées (oignons, pomme de terre, etc.) et les incitations à se doter en équipement d’exhaure moderne (motopompe notamment) au détriment des systèmes traditionnels (exhaure animale, arrosage manuel, etc.) ce qui entraîne une pression très forte sur les nappes phréatiques et les réserves de surface (mares, barrages, etc.) hypothéquant même la récolte si les recharges au cours de la saison des pluies ont été insuffisantes,
- Etc.

3. Avec des revenus familiaux qui malheureusement diminue d’année en année du fait d’une croissance démographique très forte et l’incapacité des productions (même de rente) à couvrir les besoins (marge nette faible par manque de contrôle des coûts de production).

En outre la promotion de telle ou telle activité génératrice de revenu a eu souvent un effet contraire à celui visé au départ. La promotion de l’élevage urbain et périurbain à certes permis aux familles de générer des ressources supplémentaires mais en créant également un marché pour les résidus de récolte ce qui a eu pour conséquence d’accélérer la chute de fertilité des sols et donc des rendements. A terme ce que je gagne d’un côté, je le perds de l’autre et le plus souvent pas à l’avantage des familles.

4. Avec des producteurs agricoles qui bien que membres de coopératives, groupements, etc. sont à la merci des commerçants car cette structuration n’a souvent pour fondement que de favoriser l’accès aux projets, programmes, crédits, etc. et non selon leur mission première la défense des intérêts de leurs membres (principe le plus souvent ignoré par ces derniers).

5. Etc. (Il est possible encore d’énumérer de nombreux autres points)

Pour remédier à cela, au cours des 40 dernières années et encore auparavant on a initié de nombreux programmes de développement, concepts, approches, etc. mais qui n’ont jamais vraiment apporté de solutions satisfaisantes pour régler les problèmes listés précédemment. Ces instruments n’étaient (ne sont) pas mauvais mais le plus souvent on a essayé de traiter un problème à la fois et non de tenter d’aborder l’ensemble et encore moins tous les acteurs. En outre, on a toujours pris le groupe-cible dans son intégralité sans chercher à tenir compte de son niveau de compréhension, sa capacité à accepter les innovations, etc. Enfin ce n’est que très récemment que l’on a accepté de s’appuyer et d’utiliser les savoirs et les bonnes pratiques locales dans les programmes de vulgarisation, sensibilisation, etc. Ici également il est possible de poursuivre l’analyse afin de mieux cerner les contraintes qui expliquent pourquoi malgré les sommes d’argent considérables investis dans la vulgarisation, etc. on soit toujours dans cette situation.

Il est donc intéressant de chercher à proposer une démarche plus globale afin de prendre en compte l’ensemble des aspects précédents et d’orienter les appuis en fonction du niveau de maturité des populations. Il est également important de mieux comprendre dans quel système de production nous évoluons et quelles sont les interactions/interrelations avec les autres. Il faut viser à promouvoir ces complémentarités et arrêter de les mettre en conflit les uns avec les autres.

Le document présente les parties suivantes :
- Qu’est ce qu’un système de production ?
- Qu’est-ce qu’une filière ?
- Principes et éléments de base des méthodes et stratégies d’appuis conseils
- Proposition d’une stratégie d’appui conseil

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