RECA

Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Nouveau dispositif d’appui-conseil

Publié le lundi 26 décembre 2011

Etude sur la mise en place d’un dispositif intégré d’appui conseil pour le développement rural au Niger

Comité Interministériel de pilotage de la Stratégie de Développement Rural - Secrétarait Exécutif - Décembre 2010

Résumé

Le Niger a adopté en janvier 2002 une Stratégie de Réduction de la Pauvreté (SRP) précisée pour le secteur rural par une Stratégie de Développement Rural (SDR) qui a été adoptée en novembre 2003. La SRP a été révisée en 2007 et a été rebaptisée SDRP (Stratégie de Développement accéléré et de Réduction de la Pauvreté).

Au cours de cette révision, huit (8) priorités de l’action publique dans le domaine du développement rural pour la période 2007-2009 ont été dégagées, parmi lesquelles, la mise en place d’un dispositif intégré d’appui conseil pour le développement rural. En effet, le dispositif actuel d’appui conseil au développement rural au Niger, essentiellement composé par des structures étatiques dominantes du point de vue de l’occupation de l’espace et des ONG et Privés, est très peu fonctionnel du fait de plusieurs contraintes.

La mise en place du nouveau dispositif participe à l’atteinte des objectifs de la SDR à travers les programmes 3 « Organisations professionnelles et structuration des filières », 6 Recherche - Formation-Vulgarisation », 7 « Renforcement des institutions publiques du secteur rural » et 9 « Réduction de la vulnérabilité des ménages ».

Le dispositif d’appui constitue une des composantes du Programme National d’Investissements Agricoles Prioritaires de la SDR (PNIA-P /SDR), rattaché au pilier 4 du Programme Détaillé de Développement de l’Agriculture Africaine (PDDAA) du NEPAD, adopté par le Business Meeting les 14 et 15 décembre 2010.

Avec l’appui technique et financier de la FAO, de l’Union Européenne et du Programme d’Actions Communautaires (PAC), et sous la supervision du Secrétariat Exécutif de la SDR, une étude a été menée sur la mise en place d’un nouveau dispositif d’appui conseil au Niger.

Démarrée en avril 2008, l’étude devait s’achever janvier 2009. Mais pour diverses raisons, le processus a été plus long et n’a pu être bouclé qu’en janvier 2011.

La méthodologie adoptée pour réaliser cette étude a consisté à faire dans un premier temps l’analyse diagnostique du système d’appui conseil actuel suivant une approche participative, basée sur la revue documentaire et des entretiens interviews avec des personnes ressources au niveau des services publics et projets ,des ONG, des privés assurant l’appui-conseil ; des structures de recherche ainsi que des rencontres avec des bénéficiaires, notamment les organisations de producteurs des différents sous secteurs et filières du secteur rural. Dans un second temps, une proposition d’un nouveau dispositif a été élaborée.

A chacune de ces deux étapes, les résultats ont été soumis à i) l’appréciation d’un comité technique de suivi et de validation, et ii) des ateliers paysans organisés pour recueillir les observations des paysans, en tant que générateurs de la demande, commanditaires des prestations de service d’appui conseil et évaluateurs de la qualité des services fournis.

Sur la base de ces deux consultations, les documents (diagnostic et proposition du nouveau dispositif) ainsi qu’un plan de mise en œuvre ont été soumis pour enrichissement à des ateliers régionaux ayant regroupé les responsables régionaux des services du Développement Rural, des représentants des Chambre régionales d’Agriculture, des ONG et des privés.

L’analyse diagnostique montre que dans la situation actuelle, en dehors de quelques projets, le paysan, d’une manière générale, ne bénéficie pratiquement plus de services d’appui conseil. Le dispositif actuel donne l’impression d’un « vide » sur le terrain. Le système public qui est le principal acteur en nombre est immobile, peu fonctionnel alors que les interventions des prestataires non publics (ONG, OP) sont timides et peu structurées. Les interventions en appui conseil sont dominées par le transfert de technologies non accompagné de l’amélioration du capital humain, du capital social et des outils de communication pour le développement

Au niveau des services d’appui conseil de l’Etat il n’existe pas de programmes élaborés d’appui conseil. Les agents des districts agricoles et des communes procèdent par des interventions ponctuelles souvent à la demande d’un projet, d’une ONG ou de quelques producteurs privés. Le ratio d’encadrement se situe dans la moyenne des pays en développement : 1 agent d’appui conseil pour 2.000 à 2.500 paysans.

Les producteurs et leurs organisations ou associations sont surtout les bénéficiaires de l’appui conseil. Très peu de leurs structures interviennent comme prestataires de services en appui conseil malgré la multiplicité de leurs formes d’organisation.

Il n’existe pas de cadre formel fonctionnel permettant aux services de l’Etat d’assurer pleinement leur rôle de coordonnateurs de toutes les actions de développement agricole et de systèmes formels d’échange et de partage des informations et expériences entre les ONG elles mêmes et entre les ONG et les services de l’Etat. Il en résulte un déficit de circulation de l’information, des duplications de certaines actions, l’éparpillement des interventions avec un impact réduit, des actions parfois divergentes et un manque d’harmonisation des coûts pour les mêmes acquisitions ou prestations de service.

La liaison recherche développement, qui doit être bâtie sur des mécanismes triangulaires liant les structures de recherche, les producteurs et les prestataires d’appui conseil, n’est conçue que sur un partenariat recherche-appui conseil qui a cessé de fonctionner régulièrement depuis la fin du Projet de Renforcement des Services d’Appui à l’Agriculture(PRSAA).

Le dispositif actuel est peu connecté au processus de décentralisation tant sur le plan institutionnel que sur le plan opérationnel. L’appui conseil est ainsi une activité diffuse dans la routine et le quotidien de la plupart des agents départementaux et communaux.

Partant des enseignements de cette analyse diagnostique, l’appui conseil au développement rural doit i) être pluraliste favorisant une plus grande insertion et présence des acteurs non étatiques ; ii) rompre avec la planification descendante `top down’, iii) prendre en compte les spécificités de la demande en fonction des capacités des populations, iv) tenir compte de l’équité) et v) s’orienter, entres autres, vers l’accès au marché.

Sur cette base, la stratégie d’intervention retenue repose sur un dispositif d’appui conseil capable de faire face d’une part aux besoins d’exploitants agricoles s’investissant dans des filières organisées orientées vers le marché et d’autre part aux besoins de producteurs pauvres très peu structurés dont l’activité dominante est une activité d’auto subsistance avec un revenu monétaire très faible.

La mise en place effective du dispositif d’appui conseil sera un processus à court, moyen et long terme qui peut se décomposer en i) une phase initiale de cinq (5) ans au cours de laquelle il est prévu la réalisation des différentes études préliminaires, l’expérimentation du dispositif dans neuf (9) communes pilotes avant sa généralisation aux 255 communes que compte le Niger, l’élaboration et le démarrage de la mise en œuvre de plans stratégiques de la recherche et de la formation ainsi que la mise en place des investissements matériels et logistiques requis, ii) une phase de croisière de 5 ans qui correspond à la période de généralisation du dispositif d’appui conseil et iii) une phase de consolidation de 3 ans au cours de laquelle seront effectués les ajustements nécessaires afin de corriger les insuffisances constatées au cours des deux premières phases.

Le nouveau dispositif se basera sur les structures étatiques existantes dont les capacités seront renforcées, mais une place de choix sera faite aux acteurs non étatiques, notamment les OP, les ONG et les privés.

Il sera mis en œuvre dans le cadre institutionnel défini par la SDR, dans contexte de décentralisation et de déconcentration.

Les coûts globaux du dispositif d’appui conseil ont été estimés pour la phase initiale (2011- 2015) à 16 594 255 000 F CFA, comprenant l’expérimentation d’une phase pilote de quinze (15 mois) dans neuf (9) communes. Ces ressources proviendront du budget de l’Etat, du budget des collectivités, des partenaires techniques et financiers notamment en ce qui concerne la mise en place des investissements, et des contributions des organisations paysannes.

Deux organes animeront la mise en œuvre du nouveau dispositif : un organe d’orientation et de décision, le Comité Technique de Suivi et un organe d’exécution, l’Equipe d’appui technique rattachée au SE-SDR.

[Télécharger le document->doc761), 73 pages et annexes, 2 Mo.