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Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Le FIDA au Niger /Résultats

Publié le samedi 7 avril 2012

Au Niger, le FIDA et ses partenaires obtiennent de bons résultats malgré les obstacles

Article rédigé par Timothy Ledwith, Division Communication, FIDA

ROME, Italie, le 28 mars 2012 – À de nombreux égards, le Niger est un pays défavorisé. Sur le plan géographique, ses terres agricoles productives sont confinées à une étroite bande de terres semi-arides qui borde le sud du pays. Sur le plan politique, il reste stable depuis les élections sans heurts de l’année dernière, mais les crises qui touchent ses voisins – Libye, Mali et nord du Nigeria – ont poussé des milliers de personnes à se réfugier au Niger. Dans la sphère sociale et économique, les indicateurs de développement humain sont médiocres, et le Niger est l’un des pays les plus pauvres au monde.

À d’autres égards, pourtant, le Niger est en pointe. Au moment où la dernière crise alimentaire au Sahel et le retour de l’instabilité au Mali font les gros titres de la presse internationale, les projets de développement agricole financés par le FIDA au Niger donnent de bons résultats malgré les obstacles. L’histoire du Niger ne fait peut-être pas la une, mais elle est néanmoins remarquable.

Vincenzo Galastro est le chargé de programme de pays du FIDA pour le Niger. Lorsqu’il évoque les projets menés dans ce pays, son envie de raconter cette histoire peu connue est manifeste. "Au Niger, la population se trouve dans une situation difficile", dit-il, "mais il s’y passe beaucoup de choses positives."

- Les perspectives à long terme

Dans l’immédiat, la situation est assurément difficile. Parmi les effets inquiétants du changement climatique, des sécheresses plus fréquentes menacent la viabilité de cultures vivrières comme le mil et le sorgho. Cette année, face à de maigres récoltes et à la hausse des prix des denrées alimentaires, le pays entre dans une période de soudure qui mettra à l’épreuve les capacités de réaction des organismes d’aide, tout comme l’avaient fait des crises similaires en 2005 et 2010.

Pourtant, Vincenzo Galastro affirme que les perspectives à long terme s’éclairent – du moins dans certaines régions – par suite d’une coopération efficace entre le gouvernement et ses partenaires, dont le FIDA.

Depuis 1980, le FIDA a accordé au Niger des prêts et des dons à hauteur de 153 millions d’USD pour financer 10 projets et programmes. Quatre de ces initiatives sont en cours de réalisation. La plus récente d’entre elles est le Projet d’appui à la sécurité alimentaire et au développement de la région de Maradi, approuvé par le Conseil d’administration du FIDA en décembre 2011. Ce projet va aider les petits agriculteurs à améliorer la qualité et la quantité des produits agricoles et du bétail qu’ils vendent sur cinq marchés intermédiaires ruraux. L’une de ses priorités est de faire en sorte que les paysans disposent d’un revenu supplémentaire pour nourrir leur famille entre deux récoltes, lorsque les stocks de céréales sont au plus bas.

- Une stratégie pour la sécurité alimentaire

Conformément à la stratégie pour la sécurité alimentaire qu’applique le FIDA au Niger, le projet de Maradi apporte un soutien à l’agriculture familiale, qui constitue un moyen efficace de diversifier la production agricole. S’ils pratiquent plusieurs cultures différentes, les petits exploitants sont mieux à même de couvrir les besoins nutritionnels de leur ménage, mais aussi de commercialiser leurs produits.

Vincenzo Galastro signale d’autres initiatives relatives à la sécurité alimentaire qui présentent un bon potentiel au Niger. Un exemple notable est le partenariat entre le FIDA et l’ONG AcSSA­Afrique Verte, qui met en place des échanges entre régions excédentaires et régions déficitaires sur le plan alimentaire, par le biais d’une bourse des céréales sise à Niamey, la capitale.

Il évoque aussi le soutien qu’apporte le FIDA aux femmes qui cultivent un potager pour nourrir leur famille. L’exploitation d’une petite parcelle proche de leur maison leur permet en outre de passer davantage de temps avec leurs enfants. Ce type d’approche confère une certaine sécurité à la vie des femmes du Niger, dont la plupart n’ont pas de droits fonciers garantis mais une famille nombreuse à nourrir.

Eu égard à la question critique de l’autonomisation des femmes, Vincenzo Galastro souligne les efforts déployés par Mata Masu Dubara ("femmes ingénieuses" en Haoussa), une association de femmes rurales qui mènent des actions en matière de microfinance et de développement des capacités de direction. CARE-Niger soutient leurs activités, et le FIDA travaille maintenant avec cette association. Preuve de leur détermination dans le contexte d’une société traditionnellement patriarcale, des responsables de Mata Masu Dubara sont devenues maires de certaines villes dans la région de Tahoua.

- L’adaptation au changement climatique

Dans un autre domaine d’une importance critique pour le FIDA et le Niger – l’impact du changement climatique, une proposition est en cours d’élaboration en vue d’élargir les projets de micro-irrigation, ajoute Vincenzo Galastro. La micro-irrigation est une technique peu onéreuse qui permet aux petits agriculteurs d’économiser de l’eau et des engrais en irriguant leurs champs à l’aide d’un flux d’eau faible mais régulier. Ils peuvent ainsi cultiver de plus grandes superficies, et donc accroître le rendement des cultures et leurs revenus.

Au Niger, où les terres arables sont limitées et les précipitations aléatoires, l’impact de telles interventions peut être décisif pour les petits agriculteurs qui tentent de s’adapter au changement climatique.

Vincenzo Galastro relate par ailleurs que le FIDA et ses partenaires étudient des moyens de développer l’utilisation des méthodes de "reverdissement" que les paysans du Niger ont appliquées pour reconstituer la végétation sur 5 millions d’hectares de terres. Pour ce faire, ils ont simplement planté des arbres ou protégé les jeunes plants qui poussaient naturellement. Arrivés à maturité, les arbres fixent l’azote dans les sols, limitent l’érosion par le vent et protègent les sols du soleil. Ils peuvent aussi produire des fruits, source de nourriture supplémentaire, et du bois de chauffe, que les femmes et les jeunes filles devraient sinon aller ramasser loin de leur village.

Dans le département d’Aguié, dans le sud du pays, le FIDA s’emploie à identifier les espèces d’arbres qui favorisent une productivité agricole maximale. Son partenaire de recherche est l’université de Copenhague, représentée par Chris Reij, spécialiste de la gestion durable des ressources naturelles. "Il s’agit probablement de l’évolution écologique la plus positive qu’on puisse observer dans le Sahel, voire dans l’ensemble de l’Afrique", affirme-t-il. "Grâce aux arbres qui atténuent les effets du vent et ancrent les sols, il suffit d’ensemencer une seule fois."

- La paix et le développement

Tandis que tous ces projets avancent, le Niger doit faire face aux conséquences de l’instabilité qui règne dans la région. "Le Niger a laissé ses frontières ouvertes, minimisé l’instabilité et assuré la sécurité alimentaire de base pour les réfugiés", précise Vincenzo Galastro. Il explique que les relations ethniques transfrontalières – que ce soit au sein du peuple haoussa, dans le Sud, ou des tribus touareg, dans le Nord – ont facilité l’accueil des personnes qui fuyaient les conflits dans les pays voisins. C’est une situation qui est cependant délicate, et qui aurait pu dégénérer dans un pays moins attaché à la paix et au développement.

Sur une toile de fond marquée par la pauvreté, la sécheresse et les conflits, fait observer Vincenzo Galastro, le gouvernement et les habitants de ce pays essentiellement rural accomplissent de grands pas en avant. "Je pense que le Niger est un exemple très positif pour la région, et que le FIDA l’y aide."

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