RECA

Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Intensification /Instruments de politique agricole

Publié le vendredi 13 juillet 2012

Etude de faisabilité technique et financière des instruments de politique agricole régionale favorisant une intensification durable de l’agriculture en Afrique de l’Ouest

Pierre Baris, Nicolas Gergely - Landell Mills / Development Consultants ; Avril 2010

Cette étude n’est pas une étude officielle, elle a été réalisée par un cabinet de consultants. C’est cependant un document riche en informations et contenant des propositions à réfléchir, c’est pourquoi il nous semble utile de la partager avec l’ensemble des acteurs nigériens. Le document faisant presque 2 Mo, nous avons choisi de la mettre en ligne plutôt que de l’envoyer par mail.

Résumé et contenu

1. Cette étude est centrée sur les interventions publiques pour lesquels le niveau régional dispose, selon le principe de subsidiarité, d’avantages comparatifs manifestes par rapport au niveau national pour l’intensification agricole. Les propositions portent donc sur :

Les interventions du niveau régional dans les domaines de ses compétences exclusives : la politique tarifaire sur les intrants et équipements agricoles importés, la politique fiscale, dont la TVA, la législation régionale et la normalisation des intrants agricoles ;

Les interventions conjointes entre le niveau régional et le niveau national sur les domaines de compétence partagées autour de 4 volets :1) la subvention aux intrants agricoles 2) la subvention au matériel agricole 3) la mise en place d’un réseau de distributeurs d’intrant (agricole, élevage et matériel agricole) 4) la création d’un fonds de garantie pour favoriser les crédits de campagne.

2. Ces interventions s’intègrent dans le programme mobilisateur 1, portant sur « la promotion des produits stratégiques pour la souveraineté alimentaire », avec sa première composante : « la promotion des filières riz, maïs et manioc », et sa sous composante « appuis à la modernisation des exploitations agricoles familiales et à l’intensification durable des systèmes de production » dans la mesure où les propositions visent l’intensification des cultures vivrières utilisant peu ou pas d’intrants agricole. Ces interventions s’intègrent aussi à la Composante 2 : « Promotion des filières bétail, viande et lait ». Les propositions concernent aussi le programme mobilisateur 2 « promotion d’un environnement favorable au développement agricole régional » avec sous composante « l’adaptation et la mise en œuvre des nouvelles dispositions commerciales aux frontières de l’espace CEDEAO » car certaines propositions portent sur des mesures fiscales et tarifaires permettant de réduire le coût des intrants, et des équipements agricoles innovants pour l’intensification.

Diagnostic

3. Très faible utilisation des engrais.

4. L’offre d’engrais est essentiellement assurée par des importations contrôlées par un nombre limité de grandes entreprises. L’essentiel de ces importations viennent alimenter les unités de bulk blending qui réalisent des mélanges pour produire des formules d’engrais " à la carte ". Les capacités existantes de production de bulk couvrent largement les besoins de la sous-région. Malgré un fort potentiel de production (phosphates), la production locale de composants pour les engrais reste faible et est destinée à l’exportation.

5. Des prix instables. Après des années de faible augmentation en valeur nominale, les prix des engrais ont été multipliés par 3 en 2008, puis sont redescendus pour se stabiliser autour de 300 $ la tonne. D’après la Banque Mondiale ces prix devraient se maintenir jusqu’en 2020. Il est clair que les subventions sur les engrais qui ont été accordées par les différents pays en 2008, n’ont pas compensé l’intégralité des hausses des prix de l’engrais importé, et que les augmentations de production constatée en 2008 s’expliquent surtout pas la hausse des produits vivriers.

6. De multiples contraintes à l’utilisation d’engrais.

7. Stagnation de l’utilisation de produits phytosanitaires.

8. Utilisation limitée des semences.

9. Le matériel agricole favorisant l’intensification. La plupart du matériel agricole actuellement vulgarisé concourt à l’augmentation de la productivité du travail à l’ha et non à l’intensification (sauf la culture attelée pour la fumure, les semoirs, les systèmes de goutte à goutte, …).

10. Les intrants pour l’élevage. Les contraintes à l’utilisation d’intrant dans l’élevage sont de même nature que celle du sous secteur agricole (peu de crédit, réseaux embryonnaires de distribution, produits de mauvaise qualité, réglementations insuffisantes et mal appliquée…).

Pour les médicaments vétérinaires coexistent deux systèmes de distribution : le premier est légal, passant par un réseau d’importateurs et de distributeurs qui fournissent des médicaments aux vétérinaires, le deuxième, illégal, alimente un marché parallèle caractérisé par une prolifération de médicaments vétérinaires de mauvaise qualité avec des conséquences économiques et sanitaires aussi bien sur les animaux que sur les hommes. Néanmoins récemment l’UEMOA a avancé dans la législation et l’autorisation de mise sur marché (AMM) des produits vétérinaires. Les importations pour l’aliment de bétail, principalement pour les filières avicoles, restent importantes (30 millions de $ par an dont la moitié en farine de poisson) alors qu’il existe au niveau régional de nombreux produits agricoles (maïs) ou sous produits (sons et tourteaux) qui pourraient être mieux valorisées par les unités de provende. Les tarifs douaniers pratiqués sur ces produits importés ne favorisent pas actuellement leur substitution par la production régionale.

11. Les voies d’amélioration envisageables sont du côté de l’offre :

- Relancer la production locale d’engrais après avoir réactualisé les études de faisabilité.
- Organiser la production de « bulk blending », actuellement en surcapacité, dans la perspective d’une forte croissance de la demande,
- Promouvoir l’utilisation des phosphates naturels produits dans la région,
- Promouvoir la production de semences améliorées et certifiées et orienter la recherche vers l’intensification des cultures vivrières
- Favoriser la production régionale d’aliment de bétail utilisant les ressources agricoles locales en adaptant les tarifs douaniers.

12. Du côté de la demande :

- Faire baisser les prix des intrants par des subventions, en attendant que l’élargissement du marché limite les coûts des engrais par économie d’échelle, Promouvoir les réseaux de distribution d’intrants agricoles et d’élevage ainsi que d’équipements agricoles,
- Débloquer le crédit intrants.

Télécharger l’étude, 85 pages, 1,8 Mo