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Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Fil. niébé Zinder 2

Publié le dimanche 31 janvier 2010

Etude sur la filière niébé dans la région de Zinder / 2. Les systèmes de production

Ces pages sont extraites de l’Etude de la filière niébé dans la région de Zinder réalisée fin 2008 par le Centre d’Etudes Economiques et Sociales de l’Afrique de l’Ouest (CESAO-PRN) dans le cadre du portefeuille Zinder de la SNV (organisation néerlandaise de développement) qui a choisi d’appuyer cette filière compte tenu de son importance pour l’ensemble des paysans de cette région.

Le fichier joint est plus complet et présente les graphes pour les différentes données.

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Description du système de production du niébé dans la région de Zinder

La production et la productivité ainsi que leurs déterminants

Le niébé est pratiquement toujours cultivé en association avec le mil ou le sorgho. Il n’est que rarement cultivé en culture pure. La culture en association, principalement mil/sorgho/niébé (65 % des cas) et mil/niébé (29 % des cas), est la règle générale chez la quasi-totalité des producteurs (graphiques disponibles dans le fichier joint). Si cette pratique permet de valoriser le peu d’espace qui existe du fait du rétrécissement des surfaces cultivées, les chercheurs notamment ceux de l’INRAN estiment qu’elle défavorise le niébé en limitant son exposition au soleil. Il semblerait que la culture en bandes alternées niébé/céréales soit plus bénéfique pour le niébé qui peut supporter dans ce cas de fortes densités de semis (75 cm x 25 cm pour les variétés améliorées) contrairement aux pratiques actuelles (jusqu’à 200 cm x 100 cm), ce qui en retour demanderait de plus grandes quantités de semences.

Le niébé est cultivé chez :
- plus de 71 % des producteurs enquêtés sur la totalité de leurs surfaces cultivées ;
- 3,4 % des producteurs sur 80 à 90 % des surfaces ;
- 7,6 % des producteurs sur 55 à 70 % des surfaces ;
- 9,3 % des producteurs sur 25 à 50 % des surfaces ;
- et chez 7,6 % des producteurs sur maximum 25 % des surfaces.

Les superficies mises en valeur varient d’une année à l’autre chez le même producteur mais chez la quasi-totalité elles demeurent élevées. Cette situation dénote de l’importance du niébé dans le système de production en culture pluviale au sein des exploitations.

Les rendements de niébé sont très variables (de 0 à 200 kg/ha voire 600 kg/ha) et faibles avec une moyenne de 106 kg/ha en 2007 au sein de l’échantillon étudié.

La comparaison du rendement moyen de l’échantillon avec la moyenne régionale sur 5 ans montre qu’il est plus faible (106 kg/ha contre 152 kg/ha) mais qu’il s’inscrit parfaitement dans les fourchettes de rendements habituels.

De l’avis des producteurs, la faiblesse des rendements serait déterminée par une pluviométrie insuffisante et mal répartie (36 %), la forte pression parasitaire (20%), la pauvreté du sol et la faiblesse des apports en fertilisants (respectivement 13%).

La variété de niébé est citée en dernier lieu comme déterminant de la production alors que selon la recherche scientifique, les variétés améliorées disponibles produiraient en milieu paysan une tonne à l’hectare soit 10 fois plus que le rendement actuel en respectant cependant des apports en fertilisants nettement supérieurs à ceux observés actuellement avec tous les risques liés à l’insuffisance d’eau. En effet, dans un environnement à risque, la variété par son cycle (précocité), son adaptation à la sécheresse, constitue le socle de la production, ce qui semble paradoxalement minimisée ou méconnue au niveau des paysans.

Dans l’exploitation familiale, une grande part de la production (plus de 56%) est destinée à la vente tandis que 30% est autoconsommée (comme aliment et semence).

Les semences de niébé

Même si plus de 15 % des producteurs enquêtés affirment utiliser des variétés améliorées, dans le milieu de la recherche agronomique, on estime que seulement 10 % des producteurs ont été en contact avec les variétés améliorées issues de la recherche, c’est-à-dire qu’ils connaissent leur existence ou les ont vues physiquement mais très peu les utilisent. En effet, selon la SNV Zinder, moins de 5% des producteurs utilisent les semences améliorées provenant des institutions de la recherche. Les raisons seraient l’insuffisance de la communication, l’indisponibilité et la cherté de ces variétés.

L’utilisation de fertilisants

La plupart des producteurs utilisent des fertilisants organiques (la quasi-totalité des producteurs mais en faible quantité) ou minéraux (34% des producteurs). Mais il semble que du fait de leur accès difficile (l’éloignement des centres d’approvisionnement, les coûts élevés, la non disponibilité à temps, etc.) et de l’insécurité climatique, les investissements sur les engrais chimiques sont faibles. En effet, pour l’ensemble de l’échantillon sur lequel a porté l’étude, l’apport moyen serait de 2,3 kg à l’ha tous types d’engrais confondus.

L’utilisation d’insecticides

Dans les villages, l’offre est constituée en général des produits en provenance du Nigeria vendus sur les marchés locaux. Plus de 67 % de producteurs utiliseraient les pesticides contre 32,5 % qui n’en utilisent pas et qui évoquent comme raisons le manque de moyen ou l’indisponibilité des produits sur place. Les producteurs utilisent quasi exclusivement les produits chimiques.


Tous nos remerciements à la SNV pour sa volonté de partager son travail et ses résultats.