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Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Fil. niébé Zinder 3

Publié le dimanche 31 janvier 2010

Etude de référence de la filière niébé dans la région de Zinder (SNV Zinder)

Cette « étude de la filière niébé dans la région de Zinder » a été réalisée fin 2008 par le Centre d’Etudes Economiques et Sociales de l’Afrique de l’Ouest (CESAO-PRN) dans le cadre du portefeuille Zinder de la SNV (organisation néerlandaise de développement) qui a choisi d’appuyer cette filière compte tenu de son importance pour l’ensemble des paysans de cette région.

Résumé de l’étude

Le niébé est une des filières agricoles que la SNV portefeuille de Zinder a choisi d’appuyer. Ce choix se justifie par l’importance qu’à cette filière dans la région : première productrice de niébé au plan national (plus de 27 % de la production du pays), première culture pluviale de rente dans la région, forte contribution dans la sécurité alimentaire des ménages, etc.

De l’analyse des systèmes d’approvisionnement en facteurs de production : il est ressorti, en ce qui concerne les semences, une forte utilisation (par plus de 85 % des producteurs) des variétés locales autoproduites et tout-venant achetées au marché, les variétés améliorées étant mal connues (insuffisance de communication entre la recherche et les producteurs), inaccessibles et indisponibles (offre insuffisante). Par ailleurs, le choix des variétés tel qu’il a été justifié par les producteurs ne semble pas tenir compte des exigences climatiques (faible pluviométrie mal repartie). L’utilisation de la matière organique même si elle est généralisée reste nettement insuffisante par rapport aux normes et l’investissement en engrais est faible du fait de l’accès difficile et de l’insécurité climatique (pluies souvent insuffisantes). La demande demeure diffuse et inorganisée même si un début d’amélioration est observée notamment à travers le système mis en place par la Fédération des Unions des Boutiques d’Intrants de Zinder (FUBI).

L’approvisionnement en produits phytosanitaires est dominé par les commerçants n’ayant pas suffisamment d’expertise. Le matériel agricole moderne est peu utilisé. Et même si les raisons souvent avancées sont culturelles, il reste à prouver davantage leur adaptation au milieu et leur rentabilité chez le producteur moyen.

Le système de production actuel du niébé dans la région est caractérisé par la culture en association avec les céréales. Le niébé est cultivé sur la quasi-totalité des terres qui sont majoritairement contrôlées par les hommes, 12 % des femmes n’ayant aucun accès à la terre au sein de l’échantillon étudié. Néanmoins, la femme participe dans tout le processus de production du niébé mais son rôle est surtout prépondérant au semis et à la récolte.

Les rendements sont très faibles du fait des mauvaises conditions pluviométriques, de la forte pression parasitaire et de la faiblesse des apports en fertilisants. Le rendement moyen au sein de l’échantillon est de 106 kg/ha en 2007. La production est majoritairement destinée à la vente (56 %) et 30 % de la production est autoconsommée comme aliment et semence dans l’exploitation familiale.

La vente du niébé se fait quasi exclusivement par les hommes de façon fractionnée, en fonction des besoins des ménages (le niébé étant la principale culture de rente). Le marché est dominé par les grossistes qui utilisent les services des intermédiaires et traitent de grosses quantités avec leurs homologues du Nigeria (qui s’approvisionnent aussi auprès des moyens et petits producteurs) avec lesquels ils fixent les prix. Les producteurs subissent les prix du fait de leur manque d’organisation. L’absence de l’Etat dans la commercialisation du niébé est déplorable au vue de l’importance de cette filière (elle intéresse la quasi-totalité des producteurs de la région) même si cette année l’Etat a injecté onze (11) milliards de nos francs.

Les réseaux et services d’information existants (le SIMA, les réseaux des projets et des ONG, celui de la plate forme) même s’ils diffusent des informations à travers les radios, ne fournissent pas aux producteurs une information utile mais sont plutôt destinés aux décideurs pour planifier les interventions dans les zones vulnérables. Ainsi, la majorité des producteurs utilisent les informations distillées par le circuit des grossistes.

De nouvelles perspectives s’offrent dans le domaine de la conservation du niébé avec la technologie du triple ensachage en cours de vulgarisation. Ces perspectives sont d’autant plus importantes qu’elles permettraient aux producteurs de mieux maîtriser la mise en marché de leur production.

La transformation du niébé est le domaine privilégié des femmes. Elle reste artisanale avec généralement des produits rapidement périssables (une journée). Cependant, il existe un fort potentiel pour la fabrication de produits à longue durée de vie et de grande consommation (spaghetti, vermicelles, biscuit, etc.). Le développement de ces produits devrait permettre d’améliorer la consommation locale du niébé (augmentation des apports protéiques dans la ration alimentaire) et de diminuer les problèmes de conservation.

Le niébé joue un rôle important dans la sécurité alimentaire des ménages quelque soit leur statut et dans le financement des autres composantes de l’exploitation et même dans l’économie locale et nationale. Il faut cependant déplorer l’absence d’intervention des politiques aussi bien au niveau local que national dans la promotion de la filière.


Document de 88 pages

Il est proposé deux notes d’extraits de cette étude :
- une première sur les acteurs de la commercialisation ;
- une deuxième sur les systèmes de production.

Vous avez des informations supplémentaires et vous voulez participer à la mise en commun des références pour l’ensemble des acteurs du Niger, n’hésitez pas à nous contacter.