RECA

Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Les étiquettes des pesticides /lecture difficile

Publié le mardi 30 avril 2013

Les étiquettes des pesticides ne donnent pas satisfaction : il faut les remplacer par des fiches techniques adaptées aux utilisateurs

L’utilisation des produits phytosanitaires

1. Les premières investigations et notes du RECA indiquent que les pratiques des agriculteurs pour la protection des cultures irriguées et l’utilisation des pesticides ne sont globalement pas bonnes, au détriment des producteurs eux-mêmes (santé et revenus) et des consommateurs. Ceci est confirmé par la plupart des partenaires intervenant en appui aux producteurs. http://www.reca-niger.org/spip.php?...

2. La protection phytosanitaire constitue un « goulot d’étranglement » pour l’augmentation des productions et des revenus des producteurs. Des cultures comme le chou, le poivron, la tomate, et même le moringa peuvent enregistrer des niveaux de pertes très importants.

3. Ces pertes de productions dues à des ravageurs et les dépenses des producteurs en pesticides chimiques semblent en augmentation significative. Cela peut s’expliquer par :
- l’augmentation des cultures irriguées ;
- la tendance à la spécialisation de petites régions et/ou de producteurs qui pratiquent la même culture chaque année sur leurs parcelles (des fois deux cycles dans l’année) sans pratiquer de rotation ou d’alternance ;
- la très mauvaise maîtrise de la protection phytosanitaire qui conduit à utiliser des pesticides non adéquats, à des doses d’utilisation très anarchiques et en quantités excessives, à l’utilisation de la même matière active pendant des années, tout cela pouvant favoriser l’apparition des résistances chez certains ravageurs ;
- la quasi méconnaissance des mesures de lutte intégrée permettant un contrôle des populations de ravageurs sans un recours systématique à des pesticides chimiques.

4. L’utilisation de biopesticides reste minoritaire par rapport aux pesticides chimiques malgré de très nombreuses formations dispensées depuis des années.

5. De nombreuses formations sont données mais globalement les contenus sont encore assez généraux et des fois insuffisants pour amener les producteurs dans une démarche de lutte intégrée, leur permettant de choisir des pratiques et techniques appropriées et minimisant l’utilisation de pesticides. Les supports utilisés sont souvent trop théoriques, ou simplistes, peu adaptés à des producteurs professionnels mais faiblement alphabétisés. Les formateurs se débrouillent pour trouver ou faire leurs supports en fonction de ce qu’ils ont. Il n’existe pas de sites où un formateur ou un technicien peut s’approvisionner en documents pédagogiques et en fiches techniques lui permettant de construire sa formation en fonction des besoins des producteurs.

Pour améliorer les capacités et les performances de l’ensemble des dispositifs d’appui-conseil et de formation (agent des services techniques, des ONG, personnel technique des OP, des projets et également animateurs ou formateurs paysans des OP), il semble important de mettre à disposition des supports de formations et des documents techniques en français et dans les principales langues.

Une première étape : la réalisation de fiches techniques pour les matières actives des pesticides qui sont disponibles et utilisés au Niger afin de remplacer les étiquettes des produits commerciaux qui sont dans la majorité des cas inutilisables par les producteurs, incomplètes et des fois erronées. Le recensement réalisé par les Chambres Régionales d’Agriculture et le RECA a permis de trouver une quinzaine de matières actives employées pour la protection phytosanitaire des cultures irriguées (hors herbicides).

Le problème des étiquettes

En matière d’utilisation des produits phytosanitaires, la consigne de base donnée aux agriculteurs dans la majorité des pays est de :
- Bien lire les étiquettes des produits phytosanitaires
- La lecture de l’étiquette est indispensable pour connaître le produit, son mode d’utilisation et ses usages, ainsi que les dangers qu’il représente pour l’utilisateur et l’environnement.

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