RECA

Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Lait de chamelle /Etude du marché

Publié le mercredi 5 juin 2013

Etude du marché du lait de chamelle dans la zone sud de la région de TAHOUA selon une approche « chaîne de valeurs »

Rapporteurs : Moustafa SOWOU, Economiste ; Doulla Biga TAHIROU, Agropastoralist - Avril 2013

Cette présente étude du marché du lait de chamelle fait suite à une mission exploratoire de la SNV dans le Nord Tahoua qui a révélé l’existence d’un vrai potentiel en lait de chamelle qui malheureusement n’est pas valorisé. Dans le but de développer cette filière, il y a eu nécessité d’évaluer le marché.

En vue de regrouper les éléments aussi bien de l’offre que de la demande dans les principales zones afin d’analyser le marché, une enquête de vingt (20) jours a été menée dans les départements de Tahoua, Illéla, Konni et dans la ville de Niamey.

Les résultats de l’enquête menée ont confirmé l’existence de ce potentiel dans la région. Si vers le Nord, l’offre mobilisable est de 2 330 litres la saison sèche et de 4 600 litres la saison des pluies, vers le sud, la tendance se renverse avec une offre de 11 638 litres la saison sèche et de 2 305 litres la saison des pluies. Ceci s’explique par le fait que pendant la saison sèche, les troupeaux descendre du Nord vers le Sud en quête de pâturage et de l’eau augmentant du coup le potentiel au sud puis remontent vers le Nord pendant l’hivernage afin de ne pas bloquer l’exploitation agricole. L’offre globale dans la zone d’étude serait donc de 13 968 litres pendant la saison sèche et de 7205 litres pendant la saison des pluies. Les grandes zones de production sont entre autres Tahoua, Illéla(Badaguichiri, Zéla, Tajaé, Zouraré), Konni (Malbaza-Nobi, Tsarnaoua-Zango Mozagué, Bazaga …)

En revanche, le potentiel que présente la demande est encore plus grand qu’il semble dépasser toute imagination. En effet l’un des éléments les plus criardes dans cette étude c’est la grande inadéquation entre l’offre et la demande ; l’offre potentielle représente environ 5% de la demande totale en saison sèche et 3% en saison pluvieuse.

En définitif, il ressort de cette étude de marché que la filière lait de chamelle a encore un long chemin à parcourir.

On note déjà la présence de quelques acteurs sur la filière aussi bien en amont qu’en aval, ce qui est un signe encourageant quant aux efforts de promotion de cette filière par la SNV. Par ailleurs, d’autres acteurs potentiels semblent être passionnés par le produit et peuvent éventuellement intégrer la dynamique. Le plus grand travail reste la mobilisation de l’offre, la sensibilisation et la structuration des producteurs. Il faudrait également encourager la production intensive et stimuler la demande par des actions de communication et impliquer aussi les acteurs institutionnels et l’Etat car en cette filière repose une grande potentialité en matière de lutte contre la pauvreté et la sécurisation de revenus des ménages eu égard à l’Initiative 3N, et aux autres politiques de développement du Niger.

Télécharger l’étude, 67 pages, 3,6 Mo