Campagne pastorale /Journées de réflexion
Publié le jeudi 4 février 2010
Les résultats de la journée de concertation sur la campagne pastorale / 15 janvier 2010
La campagne pastorale 2009 au Niger a été mauvaise et enregistre un déficit fourrager très important pour un cheptel en augmentation régulière. De plus, les pays limitrophes qui accueillent une partie du cheptel nigérien en saison sèche ont également connu une mauvaise campagne. Cette situation renforce les difficultés que rencontrent les éleveurs pour trouver des ressources fourragères dans les zones traditionnelles de transhumance. En ce début d’année 2010, les éleveurs craignent que leurs troupeaux subissent des pertes importantes, faute de fourrages, à l’instar de la campagne 2004/2005 .
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Une journée de réflexion sur la campagne pastorale 2009 a été organisée par le Réseau National des Chambres d’Agriculture le vendredi 15 janvier 2010 à Niamey, à la demande de plusieurs organisations d’éleveurs. La rencontre a regroupé une centaine de participants venant des secteurs de l’élevage (éleveurs, associations des éleveurs, services techniques, ONG, structures d’appui, partenaires techniques et financiers).
Cette réunion a permis de faire le point sur les informations disponibles. Elle a également débouché sur des recommandations pour atténuer l’impact du déficit fourrager sur le cheptel et apporter des solutions à la crise qui s’annonce pour les éleveurs. Les participants ont proposé la mise en place d’un comité de suivi des recommandations qui sera animé par le RECA. Le RECA a pris l’engagement de faire vivre ce comité et de transmettre les préoccupations des éleveurs et de leurs organisations aux pouvoirs publics.
Cette note fait le point des recommandations à court terme proposées par les participants et du « plan d’urgence à la campagne pastorale » préparé par le Ministère de l’Elevage et des Industries animales. Elle constitue le premier travail du « comité élevage » animé par le RECA.
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Les résultats de la journée de concertation
Les participants ont proposé la mise en place d’un « comité de suivi de la gestion de la crise pastorale », comité dont l’animation a été confiée au RECA. Ce comité doit comprendre des acteurs variés.
Les participants ont souhaité que le MEIA communique le contenu du « plan d’urgence » qu’il a élaboré.
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Campagne pastorale 2009 : des actions / des mesures urgentes sont demandées
Ces actions ou mesures concernent 3 axes principaux d’intervention : les pâturages et la transhumance, l’approvisionnement en aliments du bétail, le déstockage et la commercialisation du bétail. Des mesures complémentaires sont prévues et à prévoir dans le domaine de l’hydraulique pastorale et de la santé animale.
1. Les pâturages
Les recommandations / propositions des participants
Les éleveurs ne sont pas en sécurité dans certains endroits ce qui limite leur accès à des pâturages.
Il faut préparer les candidats à la transhumance / procédures pour sécuriser la traversée de certaines régions et les zones de destination.
Des missions des autorités administratives sont INDISPENSABLES pour préparer la transhumance des éleveurs.
Les sorties de bétail du territoire doivent être préparées au plan sanitaire.
Il existe des zones où le fourrage existe mais ces zones manquent de points d’eau ; il faut des puits dans les zones avec fourrage.
Il faut préserver les pâturages et sauver du feu les zones de paille / lutte ou sensibilisation contre les feux.
Les résidus de récolte, comme les pailles, ont fait l’objet d’un ramassage intensif en fin d’année, souvent à des fins spéculatives. S’il n’est plus possible de prendre des mesures actuellement cela devra constituer un sujet de réflexion par la suite.
Les mesures du plan d’urgence
- Information/ sensibilisation des éleveurs ;
Ouverture des bandes pare feux ;
L’objectif est de porter à la connaissance des éleveurs les zones fournies en pâturages, les zones déficitaires, et la nécessité de lutter contre les feux de brousse, afin de protéger les ressources. Les éleveurs sont informés également de la date de libération des champs pour éviter les conflits entre agriculteurs et éleveurs.
- Appui à la transhumance extra territoriale ;
Compte tenu de la situation pastorale très préoccupante cette année, les éleveurs auront certainement recours à la transhumance transfrontalière. Malheureusement cette forme de déplacement rencontre des difficultés qu’il faut lever afin d’éviter aux éleveurs des risques de décapitalisation importante. Il est prévu de faciliter le déplacement des éleveurs dans les pays d’accueil (rencontre, redynamisation des cadres de concertations) et de faciliter l’obtention du Certificat International de Transhumance (CIT).
La situation fin janvier
Les sensibilisations des éleveurs ont été réalisées sur les pâturages disponibles et la lutte contre les feux ont été réalisées.
Pour la transhumance, seule la mise en place du CIT est effective.
Il n’y a pas eu d’initiatives pour engager des négociations en faveur des éleveurs transhumants avec les autorités des pays d’accueil.
Il semble nécessaire d’envoyer rapidement des représentants de l’Etat / des chefs traditionnels dans les pays de destination.
2. Aliments complémentaires
Les recommandations / propositions des participants
Il faut faciliter les importations des aliments du bétail par les commerçants et les rendre accessibles aux éleveurs.
Il faut lancer les commandes dès maintenant pour que cela arrive à temps.
Il est nécessaire de centraliser les informations de chaque opérateur qui a prévu de faire des approvisionnements afin d’avoir une gestion cohérente, en fonction des besoins de chaque région / Les organisations d’éleveurs et les ONG doivent communiquer leurs intentions.
Il faut mettre les aliments à disposition des éleveurs dans les zones les plus reculées.
Il faut que les éleveurs soient impliqués dans la gestion des stocks mais il est nécessaire que cette gestion ne concerne pas uniquement les associations affiliées à certaines structures.
L’Etat doit garder son rôle de coordination.
Les mesures du plan d’urgence
Le plan d’urgence a évalué les besoins en aliments du bétail pour l’ensemble des régions.
Les bases de calcul prennent en compte 14 millions de bovins dont 2/3 vont partir en transhumance. La complémentation n’est prévue que pour les vaches en reproduction soit pour une estimation de 70% la proportion des femelles dans le troupeau dont 10% en reproduction, un nombre de 240.000 vaches.
Les besoins sont estimés à 32.000 tonnes, dont moins de 1.000 tonnes sont disponibles sur le territoire, 16.000 tonnes seraient approvisionnées par les circuits du commerce et à l’achat par les éleveurs, 5.000 tonnes seraient apportées par les projets et ONG, et 10.000 tonnes à rechercher.
La situation fin janvier
Au niveau de la région de Tillabéry, une quantité de 336 tonnes d’aliment du bétail est disponible depuis fin janvier. Il s’agit d’un reliquat de 2009 arrivé en retard. Ailleurs les anciens stocks sont en cours d’épuisement.
Sur ces 10.000 tonnes à rechercher, la FAO estime que les engagements de ses partenaires représentent un total de 8.000 tonnes. Sur cette quantité, la FAO serait en mesure de préfinancer 600 tonnes qui pourraient être disponibles dès février. Pour le reste il n’y a pas de date.
Le MEIA comptait également sur 210 millions reversés au fonds commun des donateurs, correspondant au montant des ventes d’aliments du bétail de l’année dernière (soit l’équivalent de 1.000 tonnes). Mais cette proposition n’a pas été retenue par la Commission Mixte de Concertation (CMC), organe de décision pour l’utilisation de ce fonds, compte tenu des faibles montants disponibles, des priorités et des engagements des partenaires sur 8.000 tonnes d’aliments du bétail.
Ces 32.000 tonnes permettront seulement d’apporter 135 kg d’aliment par vache concernée. Pour les autres, ainsi que les petits ruminants, la situation risque d’être « compliquée ». Pour les 8.000 tonnes en provenance des partenaires financiers, le MEIA envisage une vente à prix modéré, c’est-à-dire une subvention.
Il faut remarquer :
Que les apports du secteur privé représentent 50% des besoins estimés et qu’il serait important de faciliter ces approvisionnements. Une concertation pourrait être organisée pour mieux cerner la situation avec ces opérateurs.
La mise en place d’un fonds de garantie pour accélérer les commandes des opérateurs privés peut aussi être envisagée.
Le secteur privé se retrouvera face à des approvisionnements subventionnés réalisés par l’Etat et les PTF. Il n’est pas certain que cela soit une condition favorable pour que le secteur privé s’engage dans des approvisionnements importants. D’autres modes de subvention pourraient être étudiés (notamment le transport pour mettre l’aliment du bétail à porter des éleveurs les plus éloignés). Tout cela est à examiner.
3. Déstockage / commercialisation
Les recommandations / propositions des participants
Possible d’avoir un déstockage organisé et une opération de commercialisation des animaux mise en place à l’instar de l’opération niébé en 2008/2009. C’est une opération qui doit être voulue et montée par l’Etat
Pour la commercialisation, les éleveurs et les commerçants ne sont pas assez organisés/ mettre en place un conseil national de la commercialisation
Il est INDISPENSABLE d’organiser une concertation avec les commerçants de bétail.
Les mesures du plan d’urgence
Il s’agit de réduire les effectifs d’animaux afin de minimiser les pertes pendant la saison de soudure. En effet, toutes les catégories des espèces bovines, ovines et caprines seront concernées. . Les animaux seront vendus aux acquéreurs (professionnels de la viande et du bétail) et à d’autres partenaires (ONG et Associations) sur la base de prix rémunérateur. L’Etat garantira l’opération (à l’image de ‘’l’opération niébé conduite en 2008’’) par une subvention à travers ses démembrements afin que les prix pratiqués soient des prix de marché.
La situation fin janvier
L’Etat a lancé une opération de déstockage des animaux sur ses centres de multiplication (ranch) en cédant des vaches à crédit aux femmes. Si cette opération permet de limiter les problèmes sur les fermes, elle n’apporte aucune solution au manque d’alimentation, les animaux étant simplement déplacés d’un endroit à l’autre.
Le marché local et celui du Nigeria sont capables d’absorber un nombre d’animaux régulier mais il serra sans doute impossible de commercialiser plusieurs dizaines de milliers d’animaux supplémentaires. Dans ces conditions le déstockage s’avère difficile.
D’autres mesures doivent être envisagées pour trouver des débouchés nouveaux pour les animaux déstockés. Ces mesures pourraient venir d’une concertation entre les professionnels de la filière et l’Etat.
Il faut organiser une rencontre avec les opérateurs privés, les professionnels du commerce de bétail et la Chambre de Commerce
4. Les autres recommandations / questions des participants
Le financement
Qu’est ce qui est prévu sur la loi des finances ? Comment remanier pour dégager les montants nécessaires au plan d’urgence ?
Quel budget dans le SDR / comment réaménager ?
Réaménager les budgets pour prendre en compte les besoins de survie des éleveurs
Suivre les évolutions de la situation
Il faut agencer les mesures et évaluer les scénarii probables, dans 3, 6 et 9 mois. Qu’est ce qui adviendrait, déterminer en fonction de chaque scénario les actions adéquates.
En plus certaines zones agricoles sont en situation critique/ Quelles sont les conséquences de ces deux situations cumulées au niveau ménages ?
Une analyse des risques est à faire : risques des conflits / itinéraire des transhumances / détérioration des termes de l’échange / analyse des capacités des populations à y faire face.
Il est nécessaire de suivre l’évolution de l’économie des ménages d’éleveurs / le seuil de pauvreté et son évolution / la vulnérabilité.
La santé animale
Avec une alimentation insuffisante, les animaux seront moins résistants et il faut prévoir un suivi / appui sanitaire plus important.
MEIA et OPA doivent faire un plaidoyer sur la vulnérabilité pastorale afin d’avoir un plan d’urgence plus précis et plus complet.
Autres mesures du plan d’urgence
Pour la valorisation des espaces pourvus en pâturage, la réhabilitation de certains points a été prévue et devrait être financée sur budget de l’Etat.
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« A chaque fois c’est pareil…et l’on propose les mêmes solutions ». Cette constatation, faite par plusieurs participants donne un axe de travail important. Les crises doivent se prévoir et c’est avant qu’il faut prendre des mesures pour les atténuer. Les participants à la journée de réflexion ont aussi apporté des suggestions pour « l’après crise » afin que la suivante soit moins grave et que les éleveurs, leurs organisations et les services techniques se trouvent mieux armés. Ces propositions et réflexions feront l’objet d’autres notes de la part du « comité élevage ».
Documents joints
![]() Journee_reflexion_pastorale – 107.5 ko – Format : Word |
