RECA

Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Le souchet /Rapport ONG PEAMURU

Publié le dimanche 17 novembre 2013

Le souchet (Cyperus esculentus) : une culture de rente très prometteuse dans la région de Maradi (Niger).

Ce rapport a été réalisé par l’ONG PEAMURU (Protection de l’environnement, éducation et alphabétisation en milieu urbain et rural) / Septembre 2013.

La réflexion de cette ONG part de deux constants :
- la majorité du souchet produit au Niger part vers le Nigeria où il est utilisé dans l’agro-alimentaire de ce pays ou est exporté vers l’Espagne pour produire une boisson (orchata de chufa) ;
- le Niger consomme des « jus » qui sont fabriqués sur place pour les boissons sucrées pétillantes ou importés.

Pourtant, à Maradi quelques femmes essayent de produire une boisson en valorisant le souchet. C’est ce créneau de valorisation que se propose de travailler cette ONG qui a commencé par un rapport d’enquête sur le souchet réalisé par ses membres.

Au Niger, la culture du souchet se pratique sur l’ancien bassin arachidier de la région de Maradi qui représente plus de 95% de la production nationale. La production annuelle a été estimée à 38.800 tonnes en 2008. Elle serait en diminution régulière depuis cette date avec 22.800 tonnes en 2012.

Le cyperus esculentus (connu sous les appellations françaises de souchet ou pois sucré, sous le nom espagnol de chufa et appelé en anglais : nutsedge, tigernut ou earthalmond) est une espèce de laiche herbacée des régions subtropicales de l’hémisphère nord. C’est une plante annuelle ou vivace, avec des tiges solitaires sortant d’un rhizome à tubercules comestibles. À la fin de la saison, le feuillage est brûlé, puis les 40 à 50 cm de sol de surface sont soulevés et tamisés pour extraire les tubercules. En Espagne, ces tubercules sont lavés et séchés, puis réduits en une farine qui est ensuite mélangée à du sucre et à de l’eau pour produire une boisson nutritive et rafraîchissante appelée dans ce pays horchata da chufa. L’Espagne compte plus de 10 usines qui en fabriquent . En Afrique de l’Ouest, cette plante est connue et cultivée pour la consommation locale. Les tubercules sont parfois moulus en farine pour diverses préparations locales, mais, le plus souvent, ils sont plongées dans l’eau et vendus sur les marchés et dans les centres de transport et consommées comme un en-cas. (Étude Diagnostique sur l’Intégration Commerciale Niger, Programme du « Cadre Intégré »).

Sommaire :
- Potentialités
- Les différentes variétés du souchet
- Difficultés rencontrées
- Difficultés d’écoulement par les producteurs
- Difficultés d’approvisionnement en engrais
- Dépouillement de l’enquête au niveau de 5 arrondissements de Niamey

En conclusion
- Les boissons les plus consommées au Niger sont les « sucreries » ou les jus de fruit à toute sorte d’occasion. Les jus fabriqués à partir de produits locaux (bissap, gingembre ou baobab) sont faiblement commercialisés dans les magasins d’alimentation. Ils sont fabriqués en famille ou dans certains hôtels et restaurants.
- Le jus de souchet (ou lait de souchet) est indisponible même si une majorité de propriétaires ou gérants d’alimentation connaissent son existence.
- Dans le passé, une ou deux sociétés se sont intéressées à la transformation du souchet en boisson mais sans que nous ayons pu comprendre pourquoi cela ne s’est pas concrétisé.
- Dans la région de Maradi quelques femmes fabriquent du lait de souchet mais avec une faible maîtrise technique.
- Il reste que le Niger produit une quantité importante de souchet et consomme très majoritairement des boissons sucrées ou des jus de fruits, ce qui représente un marché potentiel non négligeable.

Suite à ce premier travail d’investigation, l’ONG PEAMURU estime que la transformation du souchet en boisson peut représenter une opportunité pour augmenter la valeur ajoutée de cette filière et permettre une création d’emplois.

Cependant, les investigations sont à poursuivre en recherchant et associant les personnes ou structures ayant des compétences ou des informations complémentaires.

C’est pourquoi, après examen des résultats de ce premier travail mené par les membres de l’ONG PEAMURU, son Conseil d’Administration a proposé :

- D’organiser un atelier de travail et d’échanges sur la filière souchet et les possibilités de transformation. Cet atelier pourrait réunir des acteurs du secteur privé, la maison de l’entreprise de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Artisanat, le RECA, les organisations de producteurs spécialisées, la Recherche (Laboratoire de technologie de l’INRAN, Université), des structures des ministères techniques ou de promotion. Les participants seraient choisis en fonction de leurs possibilités de contribution sur la transformation du souchet.
- De réaliser un voyage d’étude dans un pays où des structures de transformation du souchet en boissons sont actuellement actives (Nigeria ou Burkina Faso). Des demandes d’informations ont été envoyées au Burkina Faso. Des contacts sont recherchés au Nigeria.

L’ONG PEAMURU espère que les personnes ayant une expérience sur la transformation du souchet en boisson pourront prendre contact avec elle afin d’approfondir la réflexion sur les possibilités de proposer aux consommateurs nigériens des boissons fabriquées à partir des productions des agriculteurs nigériens.

Télécharger le rapport, 7 pages, 730 Ko.