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Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Statistiques sur l’élevage au Niger /Situation et perspectives

Publié le lundi 16 décembre 2013

Les statistiques sur l’élevage au Niger : Situation et perspectives / Compte rendu d’atelier.

Du 28 au 30 octobre 2013 s’est tenu à l’Hôtel Terminus de Niamey au Niger l’atelier sur "Les Statistiques de l’Elevage au Niger : Situation et perspectives’’.

Environs 60 participants venant de plus de 6 pays se sont regroupés pour discuter des défis liés à l’amélioration des statistiques de l’élevage dans la région. Aux représentants du Niger, de la Mauritanie, du Burkina Faso et du Mali se sont joints des experts de la Banque Africaine de Développement (BAD), de l’UEMOA, d’AFRISTAT, la FAO et la Banque Mondiale pour identifier les défis majeurs pour améliorer les statistiques de l’élevage et proposer un plan d’action pour la sous-région.

L’atelier avait pour objectif de discuter des défis liés à l’amélioration des statistiques de l’élevage en Afrique de l’Ouest en vue d’améliorer les politiques de l’élevage et de favoriser l’investissement dans ce secteur. Les principaux résultats attendus étaient :
- 1. Faire l’état des lieux sur les statistiques sur l’élevage au Niger
- 2. Mettre en exergue et vulgariser les bonnes pratiques en matière de statistiques sur l’élevage ;
- 3. Renforcer les capacités nationales en matière de collecte et d’utilisation des statistiques sur le bétail ;
- 4. Renouveler et renforcer les partenariats pour de meilleures statistiques sur l’élevage au Niger et en Afrique de l’Ouest ;
- 5. Documenter le cas pilote du Niger en vue de la prochaine session de la Commission Africaine des Statistiques Agricoles et de la mise en œuvre du plan global sur les statistiques agricoles.

Communiqué final

Au vue de l’importance de l’élevage dans les économies des pays de la sous région et des rôles déterminants des statistiques dans la formulation des politiques et programmes de développement, les résultats issus de cet atelier doivent permettre :
- d’aboutir à l’engagement des différentes entités nationales et des institutions régionales concernées pour améliorer la quantité et la qualité des données sur les statistiques d’élevage ;
- d’orienter les investissements publics et privés en faveur du sous secteur.

La réunion a été organisée conjointement par le Ministère de l’Elevage avec l’appui du projet d’Appui au Renforcement Institutionnel au Ministère de l’Elevage (ARIMEL) financé par la Coopération Technique Belge et le Projet « Innovation des Données sur l’Elevage en Afrique », qui est un projet de la Fondation Gates, mis en œuvre par la Banque mondiale, la FAO, l’ILRI et l’UA-BIRA.

Les participants ont hautement apprécié le discours d’ouverture de Monsieur Ada Chéfou, Ministre de l’Environnement, de la Salubrité Urbaine et du Développement Durable (ME/SU/DD) assurant l’intérim de son homologue de l’Elevage. Il a souligné le rôle stratégique de l’élevage dans le monde en général et au Niger en particulier. En plus il a insisté sur l’importance que le gouvernement accorde à ce secteur dans le cadre de l’atteinte des objectifs de sécurité alimentaire et de la lutte contre la pauvreté à travers la mise en œuvre de l’initiative 3N ‘’les Nigériens Nourrissent les Nigériens’’.

Les défis d’améliorer les statistiques d’élevage

Les participants ont été informés que la croissance de la consommation des produits d’origine animale se développera dans le futur plus rapidement en Afrique que sur d’autres continents. Selon une étude du Projet « Innovation pour les Données sur l’Elevage en Afrique, en 2050 on estime que le marché de la viande en Afrique atteindra 34,8 millions de tonnes et que celui du lait sera de l’ordre de 82,6 millions de tonnes soit une augmentation respective de 145 % et 155 % par rapport aux niveaux de 2005/07.

Tout en insistant sur l’importance des statistiques , le Ministre a invité les participants à se concentrer davantage sur les différentes communications et échanges pour aboutir à des résultats positifs sur les bonnes pratiques en matière de collecte des données et formuler des recommandations pertinentes à l’endroit des partenaires mais aussi au gouvernement.

Sans de bonnes statistiques pour orienter les investissements, les producteurs africains auront des difficultés à satisfaire la demande croissante pour les produits d’origine animale. A l’unanimité, les participants ont réaffirmé que le secteur de l’élevage est idéalement placé pour générer de la croissance économique grâce aux opportunités qu’il offre.

Améliorer les statistiques : un impératif régional

Au cours de la réunion de 3 jours, les participants ont passé en revue l’état des statistiques de l’élevage dans la sous-région, les indicateurs de base de l’élevage, les approches méthodologiques pour l’amélioration des statistiques ainsi que les défis liés à l’intégration des statistiques de l’élevage dans les systèmes statistiques nationaux.

Les présentations sur les indicateurs clés prioritaires de l’élevage couplés aux résultats d’un sondage électronique, ont été suivis de discussions très enrichissantes. Ainsi sept domaines essentiels (indicateurs) sont considérés comme les plus importants par la plupart des acteurs (plus de 80%). Il s’agit de :
- l’effectif du cheptel national ;
- la contribution du sous-secteur au PIB ;
- l’accès à l’eau ;
- l’accès au fourrage ;
- les flux transfrontaliers (import / export des animaux, produits et sous produits de l’élevage) ;
- les prix des animaux, des produits d’origine animale et des intrants ;
- le taux de mortalité.

Les indicateurs critiques sur l’élevage inclus ceux généralement recueillies lors des évaluations sur le terrain des « taux de croissance » et « taux d’exploitation ». Il a été aussi été reconnu que les indicateurs de qualité sur la production de viande et du lait ne sont pas toujours disponibles.

Les lacunes identifiées ont en particulier permis de mettre l’accent sur les méthodes nécessaires pour assurer la qualité des données ci-dessus. De même l’échantillonnage et l’harmonisation des définitions notamment celles des ménages dits « pastoraux » et « agro-pastoraux", représentent une préoccupation prioritaire.

Par ailleurs au vue de la complexité des systèmes d’élevage et des aspects liés à la mobilité des animaux, les participants ont particulièrement insisté sur l’importance cruciale de la coopération sous régionale dans l’amélioration des statistiques de l’élevage. Ils ont souligné également la nécessité d’être appuyé par les institutions régionales et internationales dans leurs efforts visant à améliorer les méthodes de collecte et d’analyse des données. De même, les participants ont convenu de l’élaboration d’un plan d’action en se basant sur la Stratégie mondiale pour l’amélioration des statistiques agricoles qui a comme composantes techniques : la recherche/ méthodologie, l’appui technique et la formation.

Les points prioritaires

En se basant sur les trois piliers de la stratégie mondiale et régionale, les points prioritaires suivants ont été identifiés.
- la nécessité au niveau régional de définir, hiérarchiser et harmoniser les indicateurs prioritaires en matière des statistiques de l’élevage ;
- la nécessité d’harmoniser les méthodes de collecte des données au niveau sous régional (recensements, paramètres zootechniques, méthodes d’estimation des productions, de calculs des contributions du secteur au PIB etc.) ;
- le renforcement au niveau sous régional des capacités des agents de l’élevage dans l’utilisation des outils informatiques appliqués aux statistiques de l’élevage (modélisation des troupeaux, etc.) ;
- la nécessité d’une bonne collaboration entre acteurs générateurs et utilisateurs des données statistiques pour assurer et garantir la disponibilité et la fiabilité des données statistiques ;
- la nécessité d’améliorer et de financer la collecte, le traitement et la diffusion des statistiques administratives de routine ainsi que des enquêtes spécifiques (production de lait, crise pastorale, croît du troupeau etc.) ;
- l’intégration des statistiques d’élevage dans les stratégies nationales du développement des statistiques (SNDS) ;
- la nécessité d’assurer le financement des SNDS pour la durabilité des systèmes statistiques de l’élevage.

Les actions à court et moyen termes approuvées par l’assemblée plénière comprennent les points suivants :
- Mettre en place pour le court terme un réseau sous régional chargé du suivi et de la mise en œuvre des principales recommandations (Mali, Niger, Mauritanie et le Burkina Faso) ;
- Elaborer un plan d’action sous régional.

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