Projet IFSP / flambée des prix
Publié le jeudi 3 décembre 2009
Lancement du Projet initiative efficace et durable sur la flambée des Prix des denrées alimentaires et intrants agricoles au Niger
La semaine du 12 au 16 octobre, se sont tenus à Niamey le premier comité de pilotage, puis l’atelier de lancement et d’information du Projet initiative efficace et durable sur la flambée des Prix des denrées alimentaires et intrants agricoles au Niger (IARBIC-ISFP).
Les origines du projet : deux partenaires la FAO et l’Union européenne
Suite à la « crise alimentaire » - qui s’est déclenchée à la fin de l’année 2007, poursuivie en 2008 et s’est traduite par une « envolée des prix » des produits alimentaires - l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a lancé en décembre 2007 une « initiative sur la flambée des prix » afin de permettre aux pays africains de faire front à la crise et à la hausse des prix des produits alimentaires.
En décembre 2008, l’Union européenne lance une « facilité alimentaire ». Il s’agit d’un fonds spécial doté d’un milliards d’Euros (650 milliards de F.CFA) pour réagir à l’envolée des prix des denrées alimentaires dans les pays en développement. L’utilisation de ce fonds est prévue sur une durée de 3 ans de 2009 à 2011.
Ce fonds doit apporter des réponses pratiques et rapides aux problèmes causés par la flambée des prix. Il vise logiquement à augmenter les productions locales afin de mettre plus de produits agricoles et alimentaires sur les marchés et ainsi diminuer le prix des produits.
Concrètement, ce fonds doit soutenir : - les mesures visant à améliorer l’accès aux services et aux intrants agricoles, notamment les engrais et les semences ; - les mesures ayant une fonction de « filet de sécurité », destinées à maintenir ou à augmenter les capacités de production agricole et à satisfaire les besoins alimentaires fondamentaux des populations les plus vulnérables, notamment les enfants ; - des mesures stimulant la production à petite échelle afin de répondre aux besoins spécifiques des pays (microcrédit, investissement, équipement, infrastructures et stockage), renforçant la formation professionnelle et soutenant les professionnels du secteur agricole.
La « facilité alimentaire » étant un instrument de réponse rapide, les voies d’acheminement, c’est-à-dire les structures pour la mise en œuvre, ont été choisies en conséquence. L’essentiel des fonds sera distribué par les organisations internationales (plus de 550 millions €), dont la FAO. Un montant important a été réservé aux acteurs non étatiques et à d’autres structures comme les agences de coopération des États membres (200 millions €). Pour cela un appel a proposition a été lancé en 2009. Au Niger différentes ONG et OP ont répondu à l’appel à propositions de la Délégation de l’Union européenne. C’est le cas notamment de la PFPN, Mooriben, Aren, Fucopri, qui s’étaient associées pour répondre. Ce dossier des OP n’a pas été retenu. Un montant (60 millions €) est également réservé pour des activités ayant une dimension régionale, comme la facilitation des échanges et l’harmonisation des politiques et de la réglementation, réalisées par l’intermédiaire d’organisations régionales comme la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Enfin, une partie du programme sera mise en œuvre par l’intermédiaire des budgets nationaux dans les pays bénéficiaires et prendra la forme d’un appui budgétaire (165 millions €).
Le programme FAO / Union européenne pour le Niger
Dans le cadre de la facilité alimentaire de l’Union européenne, la FAO a bénéficié d’un financement de 3 millions € pour le Niger pour une durée de 24 mois. Pour pouvoir être mis à la disposition des populations plus rapidement, ce fonds sera mis en œuvre à travers les projets existants de la FAO : d’une part le Projet Intensification de l’Agriculture par le Renforcement des Boutiques d’Intrants Coopératives (IARBIC) et d’autre part à travers l’Unité de Coordination des Urgences et Réhabilitation Agricoles (ECU).
Le projet Initiative sur la flambée des prix (ISFP), intégré au projet IARBIC, sera sous la tutelle du Ministère du Développement Agricole (MDA).
Le projet IARBIC ayant déjà un financement pour intervenir sur les zones pluviales, le projet IARBIC-ISFP va se concentrer sur les zones irriguées.
Les actions prévues :
- le renforcement de 100 boutiques d’intrants (75 nouvelles et 25 réhabilitées) ;
Un état des lieux sera fait sur les boutiques d’intrants en vue de pouvoir sélectionner en zone irriguées les sites potentiels pour la création et/ou réhabilitation de BI. Un fonds de roulement sera accordé aux BI et des formations sur les différents aspects de gestion seront dispensées. Le document de projet mentionne que les BI existantes écoulent actuellement moins de 3 tonnes d’engrais par an. Il est prévu un objectif de 30 tonnes par an après 12 mois.
- l’accès des producteurs aux semences de qualité (hivernage et contre saison) aux intrants, aux équipements et au conseil technique ;
- la production de semences améliorées « selon les règles de l’art [1] » par 10 OP pour 56 000 bénéficiaires finaux (dont 4 OP à Dosso, 5 à Maradi, 2 à Tahoua, 4 à Tillabéry et 4 à Zinder [2] ) et commercialisées à travers le réseau des BI.
- le warrantage : il est prévu la construction de 100 magasins de warrantage et la réhabilitation de 50 anciens (agrandissement des magasins de warrantage trop petits), la mise en place de lignes de crédit auprès de 35 systèmes financiers décentralisés (SFD) et la formation de plus de 10 000 producteurs en warrantage à l’issue de deux ans.
- 100 ha de sites maraîchers aménagés pour 2 700 ménages ;
Les sites irrigués de contre-saison seront implantés prioritairement dans les zones vulnérables, qui ont des organisations paysannes et des boutiques d’intrants pour rester dans la logique du projet. Pour le choix des bénéficiaires un accent particulier sera mis sur l’accès des femmes à la terre et des ménages pauvres.
Un calcul : 100 ha pour 2 700 ménages donne une moyenne de 370 m2 par ménage.
L’équipe du projet IARBIC va s’occuper des activités des boutiques d’intrants et de warrantage, tandis que la structure dénommée ECU prend en charge les activités d’aménagement des périmètres irrigués et des semences.
Un recours systématique sera fait aux opérateurs locaux (entreprises, ONG, partenaires projets, bureaux d’études) pour la mise en œuvre de ces activités.
Avertissement : Cette note est écrite par le personnel technique du RECA pour informer les Chambres d’Agriculture et les OP. Elle peut contenir des erreurs et ne peut être considérée comme document engageant les projets et organismes mentionnés.
