RECA

Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Autofinancement /GF de Djoga

Publié le samedi 10 mai 2014

Autofinancement : le groupement féminin Cernafa à Djoga / Torodi, un exemple à suivre

Le groupement Cernafa de Djoga a été créé en 2002 pour développer des activités de maraîchage au profit des femmes. Il a commencé par exploiter un premier site maraîcher aménagé avec des puits et une clôture. Chaque femme cultivait une superficie moyenne de 350 à 400 m2. Les femmes produisent de la salade, du chou et des oignons. A cela il faut ajouter d’autres légumes pour les besoins domestiques.

Aujourd’hui le groupement compte 247 femmes qui cultivent 4 sites de 8 ha, 4 ha, 5 ha et 1,9 ha, soit une superficie de 19 ha environ.

Le RECA avait déjà présenté ce groupement féminin qui a abandonné depuis 4 ans maintenant l’utilisation des pesticides chimiques et des engrais pour produire en « bio » (abréviation de biologique pour définir une production sans utilisation d’engrais chimique ni de pesticides de synthèse).

Mais ce n’est pas la seule particularité de ce groupement. Les femmes du groupement Cernafa se distinguent également par leurs capacités pour dégager intelligemment des ressources au profit de leur organisation, ressources leur permettant d’investir.

Chaque année à la récolte, chaque membre du groupement dépose 10% de sa production d’oignon au groupement comme cotisation. A ce moment, le sac d’oignon a une valeur de 10.000 F.CFA. Le groupement stocke les oignons plusieurs mois pour les revendre au moment des fêtes, c’est-à-dire quand les prix sont élevés, au moins 40.000 F.CFA le sac. Les femmes chargées de la commercialisation peuvent vendre à Torodi mais les commerçants viennent aussi acheter directement chez elles car ils savent qu’ils peuvent trouver des oignons.

Pour cette récolte (2014), les femmes estiment qu’elles ont stocké l’équivalent de 100 sacs. Même avec 20% de perte, cela représente une vente de 80 sacs et un revenu de plusieurs millions. L’argent de la vente des oignons appartient au groupement et elles s’en servent pour acheter des terrains quand elles apprennent qu’un terrain est à vendre. Le groupement a actuellement 19 ha. C’est assez extraordinaire. Le groupement investit également dans les équipements d’irrigation et les intrants.

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1 Message

  • tous ensemble pour dire NON au conventionnel dans nos assiettes 6 août 2014 23:03, par Salou moumouni-Djoga

    merci au RECA pour cet article sur notre groupement. nous espérons vivement partager notre expérience avec d’autres producteurs bio. nous restons convaincus que le salut du monde rural ne réside que dans la prise en charge par elle meme de son destin et en sachant dire non à ceux qui trouvent leur compte en encourageant la production et la consommation du conventionnel. Nous voulons que tout producteur et tout consommateur sache que ces poisons que sont les produits conventionnels non seulemnt nuisent à notre santé, mais aussi portent en eux les germes de notre recolonisation par les multinationales.