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Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Fil. niébé Zinder 4

Publié le lundi 1er mars 2010

Les semences du niébé dans la région de Zinder

Ces pages sont extraites de l’Etude de la filière niébé dans la région de Zinder réalisée fin 2008 par le Centre d’Etudes Economiques et Sociales de l’Afrique de l’Ouest (CESAO-PRN) dans le cadre du portefeuille Zinder de la SNV (organisation néerlandaise de développement) qui a choisi d’appuyer cette filière compte tenu de son importance pour l’ensemble des paysans de cette région. La note jointe présente les graphes en supplément.


Le niébé est la deuxième culture du Niger après le mil. Il est non seulement une source d’alimentation mais aussi une source de revenus pour les producteurs. C’est pourquoi les producteurs doivent s’assurer d’un approvisionnement des variétés de semences de qualité.

1. Les types de semences utilisées par les producteurs

En général, au Niger, les producteurs utilisent essentiellement de variétés locales. A titre illustratif dans la région de Zinder les variétés locales constituent 84 % des semences utilisées par les producteurs alors que les semences améliorées ne représentent que 16%. Les producteurs utilisent deux types de semences à savoir le niébé blanc (60%) et le niébé rouge (40%).

Le choix de ces variétés serait déterminé principalement par :

  • la bonne production de graines (42 %) et de fane (10 %) ;
  • le bon goût à la cuisson (18 %) et ;
  • la précocité (16 %).

La résistance aux maladies et la bonne valeur marchande ne semblent pas être une des préoccupations du paysan. En effet, d’autres facteurs déterminent le choix des variétés désirées par les producteurs.

Les rendements moyens observés dans l’échantillon sont de l’ordre de 106 kg à l’hectare en association avec les céréales. Cette très faible productivité résulterait de la non ou très faible prise en compte du cycle des variétés choisies, du faible recours aux variétés améliorées et de la conduite de la culture. Les raisons seraient l’insuffisance de la communication sur les variétés disponibles, l’indisponibilité des semences et leur cherté. En effet, les semences de 1ère génération (M1) destinées aux multiplicateurs coûtent en moyenne 1500 FCFA/kg et les semences M2 destinées aux producteurs coûtent entre 350 et 600 FCFA contre une moyenne de 200 à 400 FCFA/kg pour les semences locales.

2. L’offre de semences améliorées et le système de production

Au niveau de l’INRAN, une douzaine de variétés améliorées existent et sont dans le circuit de vulgarisation mais aucun plan de communication réel n’existe en vue de leur connaissance et leur adoption par les paysans faute de moyens financiers.

Le tableau n°2 ci-dessous donne les caractéristiques de certaines d’entre elles.

Variété Cycle (en jours) Rendement (t/ha) Résistance
TN 121-80 80-85 1 Striga
IT 90K-372-1-2 60-70 1,2 Pucerons
IT89KD-374-57 65-70 1 Pucerons
IN92E-26 80-85 1,4 Striga
TN5-78 (Jan nera) 70-75 1,5 à 3 Striga
KVX 30-309-6G 80-85 1 -
IT98K 205-8 60-65 1 (en milieu paysan) Striga
IT 97K 499-35 60-65 1 (en milieu paysan) Striga
IT 97K 499-38 60-65 1 (en milieu paysan) Striga

Source : INRAN Maradi, octobre 2008

La quantité de semences est de l’ordre de 10 à 15 kg à l’hectare pour la culture pure.

3. Sources d’approvisionnement

Le lieu d’approvisionnement en semences est illustré par la figure 3 ci-après. On observe que les semences utilisées proviennent principalement de l’autoproduction 34 %, de l’achat sur le marché du village 33% et de l’achat à d’autres producteurs 20%. Les semences certifiées sont vendues aux producteurs via les boutiques d’intrants (mises en place par les OP), le marché, les multiplicateurs, les services agricoles, les fournisseurs privés et les projets qui appuient les producteurs. Cependant, il est important de préciser qu’un même producteur peut utiliser plusieurs sources d’approvisionnement au cours de la même campagne.

4. Les structures d’appui

Les institutions de recherche

Au Niger, il existe plusieurs institutions de recherche qui travaillent sur le niébé à savoir l’Institut National de la Recherche Agronomique du Niger (INRAN), l’Université de Niamey et l’ICRISAT. A l’échelle régionale, ces dernières collaborent avec l’Institut International d’Agriculture Tropicale (IITA) de Kano. Toutes ces institutions ont dû vulgariser plusieurs variétés.

Les projets et programmes

Plusieurs projets et programmes appuient les organisations des producteurs dans la formation, en infrastructures pour faciliter l’accès en intrants (BI). Ils font aussi la vulgarisation et financent parfois les institutions de recherche.

5. Les contraintes et les stratégies

Les principales contraintes liées à l’approvisionnement en semences sont selon les producteurs : •le manque de moyens financiers au moment du semis ; •l’inaccessibilité des semences due aux coûts particulièrement élevés des semences améliorées ; •l’indisponibilité due à l’insuffisance de stratégie de vente de proximité et la rupture dans l’approvisionnement. Ceci révèle probablement le manque d’organisation des producteurs de semences et de réelle stratégie pouvant permettre un approvisionnement régulier, sûr et accessible dans le domaine semencier.

Selon les producteurs, les appuis (technique, financier, organisationnel, etc.) dans l’approvisionnement en semences sont quasi inexistants. Seuls quelques rares appuis sous forme de distribution gratuite ou de subvention sont reçus (principalement par des villages identifiés comme vulnérables à l’entrée de la campagne) de certaines ONG ou de l’Etat.

Pour la professionnalisation des producteurs, il est important de renforcer les organisations de producteurs en les appuyant à créer des boutiques d’intrants, des Champs écoles, à faire des synergies avec les institutions de recherche. Il faut également développer le système de commercialisation des produits agricoles.