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Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Campagne pastorale 2014/2015

Publié le lundi 23 février 2015

Rapport de synthèse des résultats de la campagne pastorale 2014-2015.

Ministère de l’Elevage - Direction Générale de la Production et des Industries animales - Direction du Développement Pastoral - Version provisoire / Décembre 2014.

La campagne agro-sylvo-pastorale 2014 est marquée par une installation précoce à tardive des pluies dans toutes les régions du pays. Elle a été caractérisée par des précipitations faibles et irrégulières de mai à juin, une bonne répartition spatio-temporelle des pluies de juillet à août et une mauvaise répartition des pluies dans le temps et dans l’espace durant le mois de septembre.

Pour la campagne pastorale 2014-2015, un bilan fourrager à l’échelle départementale a été établi. L’établissement du bilan fourrager tient compte de deux données fondamentales :
- La production fourragère, abstraction faite de toutes les déperditions, donc la production fourragère totale disponible évaluée en tonne de matière sèche ;
- L’appréciation des effectifs du cheptel (en nombre de têtes et en UBT) résidant sur le territoire national au cours de 9 mois que dure la saison sèche, ainsi que de leur besoin alimentaire pendant cette période.

S’agissant des effectifs pour l’année 2015, ils sont estimés à 16 565 658 Unité Bétail Tropical (UBT) dont 13 388 709 séjournent sur le territoire national pendant neuf mois.

Le bilan fourrager global

Le bilan fourrager global calculé en comparant les besoins globaux théoriques du cheptel résident estimés à 22 760 805 TMS et le disponible fourrager (réel) évalué à 14 324 098 TMS fait ressortir un déficit fourrager global de l’ordre de 8 436 709 TMS.

Au niveau inter régional, toutes les régions sont déficitaires avec des valeurs extrêmes notamment à Tahoua (-2 297 279 TMS), léger à Agadez ( -110 445 TMS). Au niveau intra régional, tous les départements de la zone agricole sont déficitaires, en zone pastorale quatre (4) départements sont excédentaires, il s’agit de Tchirozérine, , Dakoro, Tchintabaraden et Gouré et huit autres sont déficitaires il s’agit de Filingué, Ouallam, Téra, Abalak, Mainé Soroa Nguigmi, Diffa et Tanout. A l’échelle des zones, il existe des poches de bonne production dont les productions atteignent plus de 2000 KgMs/ha notamment à Dakoro, Tanout (Bathé). Aussi, de faibles productions voire nulles ne sont surtout enregistrées dans le département de Diffa et Tchirozérine (Irhazer), Tillabéri (Banibangou).

Besoins en aliments complémentaires

Sur le plan national la production fourragère totale disponible est de 14 324 098 Tonnes de matières sèches, couvrant 63% des besoins des animaux pour les neuf mois de la saison sèche. Toutes les régions ont enregistré des déficits fourragers. A cela, s’ajoute la baisse progressive de la valeur des pâturages.

Compte tenu du déficit fourrager et de la dégradation de la valeur alimentaire du fourrage en saison sèche, une complémentation alimentaire est indispensable pour maintenir un état corporel satisfaisant des animaux et pour assurer une production laitière satisfaisante en période de soudure. Cette mise en place des aliments permettra de créer les conditions d’un approvisionnement permanent des éleveurs en aliments du bétail tout le long de la saison sèche. Les stocks seront placés à temps et un dispositif fiable de leur renouvellement sera mis en place. A cet effet 40 000 Tonnes sont prévues.

Conclusion et mesures à prendre

La campagne pastorale 2014 – 2015 s’est achevée sur une note d’inquiétude car toutes les régions connaissent globalement des déficits fourragers. Sur cette base, les recommandations suivantes sont formulées :
- renforcement du dispositif de stock d’aliments bétail surtout dans les zones déficitaires et les zones de grande concentration d’animaux notamment les départements de Bermo et de Dakoro ;
- accélération du processus de fonctionnement de la centrale d’approvisionnement en intrants zootechniques ;
- protection des aires de pâturages à travers la mise en place de bandes pare-feu et des campagnes de sensibilisation ;
- intensification de la lutte contre les espèces herbacées envahissantes et leur valorisation.

Ces actions se feront à travers la mise en œuvre urgente du programme d’urgence élaboré à cet effet.

D’autres actions sont à envisager dans le moyen et long termes en vue d’améliorer les systèmes de production agro-pastoraux et le dispositif national de collecte des données de biomasse. Ces actions incluent :
- l’amélioration du maillage de l’hydraulique pastorale ;
- le renforcement de l’appui à la sécurisation sanitaire du cheptel ;
- la prise des dispositions pour la réalisation du recensement du cheptel prévu en 2015 ;
- l’appui pour la réévaluation de la biomasse résiduelle en saison sèche et l’extension du dispositif de collecte des données au sol (prise en compte de certaines formations forestières ; gommerais, bourgoutières ; etc.) ;
- le développement des cultures fourragères ;
- la valorisation des résidus agricoles et autres fourrages ;
- l’organisation des voyages d’échange sur les aspects liés à l’aménagement et à la sécurisation des systèmes pastoraux ;
- la promotion de la création de l’observatoire sur les ressources alimentaires du bétail.

Télécharger le rapport, 39 pages, 2,1 Mo.

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