RECA

Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Les marchés de Niamey

Publié le vendredi 27 novembre 2015

Diagnostic de l’armature commerciale de la ville de Niamey - Rapport final / Mars 2015

Ce rapport a été élaboré par le bureau dénommé « Groupe Huit – Développement urbain ». Ont participé à l’élaboration de ce rapport : Benjamin Michelon, chef de mission, urbaniste Laurence Wilhelm, socio-économiste, Ibrahima Goumey, architecte. Ce rapport n’engage que les auteurs.

L’objectif de l’étude de l’armature commerciale de la Ville de Niamey est de contribuer à l’amélioration du fonctionnement commercial et de l’approvisionnement alimentaire de la ville de Niamey à travers l’établissement d’un diagnostic et d’une stratégie.

Le rapport commence par une partie historique qui retrace l’évolution urbaine de Niamey et de son armature commerciale (pour les passionnés de l’histoire de la capitale) puis la typologie des marchés. Il se poursuit par les analyses des pratiques et attentes des commerçants et des consommateurs puis par le diagnostic des circuits et des chaînes de valeur. C’est cette partie (20 pages) qui nous semble la plus importante à lire (chapitre 4, parties C et D).

Notamment, les observations des auteurs du rapport confirment les notes du RECA sur la part croissante des importations de produits frais dans l’approvisionnement de Niamey.

Extraits du rapport

Selon le rapport, la consommation de la ville de Niamey de produits vivriers frais (légumes, tubercules, fruits, épices) s’élèverait aujourd’hui entre 54.000 tonnes et 70.000 tonnes et qu’elle serait proche de 100.000 tonnes en 2025 avec une hypothèse de croissance modérée de consommation de légumes et fruits par habitant.

Au total, pour l’ensemble des produits vivriers frais et secs la consommation serait environ de 180.000 tonnes aujourd’hui et devrait représenter plus de 250.000 tonnes dans les 10 ans à venir pour une population estimée à 1,5 millions d’habitants. Ces chiffres ne concernent que la stricte consommation théorique des habitants de la capitale sans tenir compte des actuelles réexpéditions de céréales (maïs/mil/sorgho) voire, à l’avenir éventuellement, de produits maraîchers sur d’autres centres de consommation proches de Niamey ou situés dans les régions Ouest du pays.

Surconcentration au centre-ville

Si l’approvisionnement de Niamey fait intervenir un grand nombre de circuits de distribution qui présentent des caractéristiques spécifiques suivant les groupes de produits, le trait dominant est encore et toujours la surconcentration des activités commerciales de gros comme de détail au centre-ville.

L’arrivage des produits –alimentaires et non alimentaires, importés comme cultivés au Niger - s’effectue principalement sur les 3 marchés physiques et leurs voiries adjacentes du centre-ville –Katako, Grand Marché, et « Petit Marché » (plus depuis l’incendie il s’agit du quartier Zongo et du marché Djémadjé). Les activités de gros se déroulant de nuit comme de jour font converger au centre-ville de façon permanente tous les acteurs liés à l’approvisionnement et à la distribution -grossistes, producteurs agricoles, détaillantes des différents marchés de la ville venus s’approvisionner, courtiers, transporteurs, porteurs, dockers, commissionnaires, restauratrices, etc.

Les trois marchés fonctionnent dans la journée comme des marchés de détail rassemblant la plus grande concentration de détaillants de la ville. La conjonction de ces différentes fonctions et activités d’approvisionnement de gros et de distribution au détail fait du centre-ville la zone commerciale par excellence de la capitale.

Le rôle croissant des importations de produits vivriers frais et secs dans l’approvisionnement de Niamey.

On constate en effet qu’en novembre 11 des 21 produits vendus sur le Petit Marché sont importés avant que la production locale ne prenne la relève. A Katako ce sont 6 produits sur les 11 vendus (voir la liste des produits en annexe) qui sont importés. Pour les fruits c’est encore plus marquant puisque la quasi-totalité des fruits proviennent des pays voisins.

Ces constats doivent être bien évidemment complétés et confirmés par des relevés réguliers et des enquêtes beaucoup plus approfondies. Le rôle des importations pour la consommation de Niamey en fruits et tubercules est bien connu. Celui pour les céréales – mil, maïs - également.

Mais il apparaissait beaucoup moins évident pour les produits maraichers : l’approvisionnement de Niamey à partir des productions locales (urbaines, péri urbaines ou des autres régions) pour ces types de produits semblait aller de soi.

Or on peut penser que des importations s’appuyant sur des réseaux très dynamiques, bien organisés de commerçants étrangers et nationaux, sont en train de se développer et seront capables de plus en plus de mettre sur le marché de Niamey des produits identiques à ceux cultivés au Niger (péri urbain et autres) à des prix plus compétitifs.

La proximité des zones de production si elle ne s’accompagne pas d’une une forte augmentation de la productivité, et de l’efficacité de la mise en marché, n’est pas une condition suffisante pour gagner la bataille de la compétitivité.

Les études réalisées pour l’amélioration des filières agricoles du Niger se sont beaucoup préoccupées (et c’était nécessaire) de la compétitivité des produits agricoles nigériens sur les marchés côtiers mais jamais encore de la compétitivité des autres produits maraîchers des autres pays sur le propre marché de consommation de la ville de Niamey …. ! Il est urgent de s’y atteler.

Télécharge le rapport, 113 pages, 5,7 Mo.

Table des matières

1. PREAMBULE METHODOLOGIQUE

2. DIAGNOSTIC

- A. DIAGNOSTIC DES MARCHES DE NIAMEY

  • 1/ EVOLUTION URBAINE DE NIAMEY ET DE SON ARMATURE COMMERCIALE
  • 2/ TYPOLOGIE DES MARCHES
  • 3/ FONCTIONNEMENT ET DYSFONCTIONNEMENT
  • 4/ DIAGNOSTIC DE LA GESTION DES OUVRAGES

- B. LE DEVENIR DU PETIT MARCHE

- C. ANALYSES DES PRATIQUES ET ATTENTES DES COMMERÇANTS ET DES CONSOMMATEURS

  • 1/ ATTENTES DES CONSOMMATEURS, ET DES BESOINS ACTUELS ET FUTURS EN TERMES D’APPROVISIONNEMENT DE LA VILLE
  • 2/ INITIATIVE PRIVEE : « MARCHE TRADITIONNEL » ET FORMES DE COMMERCES DE FORMAT PLUS CAPITALISTIQUE ET « MODERNE »

- D. DIAGNOSTIC DES CIRCUITS ET DES CHAINES DE VALEUR

  • 1/ L’IMPORTANCE DE NIAMEY DANS LES CIRCUITS D’APPROVISIONNEMENT.
  • 2/ EVALUATION DE L’IMPORTANCE DU CENTRE DE CONSOMMATION DE NIAMEY
  • 3/ UN DOUBLE MOUVEMENT DE SUR CONCENTRATION DE L’ACTIVITE DE GROS EN CENTRE‐VILLE ET D’ECLATEMENT SPATIAL PARTIEL SELON LES PRODUITS
  • 4/ SYNTHESE

- E. FORCES ET FAIBLESSES DE L’ARMATURE COMMERCIALE

3. ORIENTATIONS STRATEGIQUES