RECA

Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Lait Niamey / Projet Nariindu

Publié le jeudi 21 janvier 2016

Projet Nariindu : Approvisionner durablement Niamey en lait local par les petits éleveurs.

Evaluation finale / Rapport définitif - Stéphane de Noray, Saïdou Oua / Consultants indépendants / Octobre 2015.

1. Origine du projet Nariindu

Le projet fait suite à la mise en place du centre de collecte de lait d’Hamdallaye construit en 2008 par le projet PSEAU. Le projet Nariindu a démarré officiellement en janvier 2012 pour une durée de 3 ans, sur financement du Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI) et de l’Agence Française de Développement (AFD).

L’objectif général est l’amélioration de l’approvisionnement en lait local des centres urbains en zone sahélienne, au profit des petits éleveurs périurbains. Les bénéficiaires du projet sont les organisations AREN (Association pour la Redynamisation de l’Elevage au Niger) et Billital Maroobé (BM - Réseau des Organisations d’Eleveurs et Pasteurs de l’Afrique de l’Ouest), les organisations coopératives d’éleveurs – producteurs, ainsi que les éleveurs livrant aux centres de collecte, les femmes impliquées dans la filière, les acheteurs (industrie, laiteries) et les consommateurs de Niamey.

2. Conclusion de l’évaluation

Cette évaluation a été réalisée en juin/juillet 2015. La conclusion de l’évaluation est la suivante : Le projet Nariindu, de par ses innovations et la pertinence de son modèle, mériterait de voir son action soutenue et poursuivie, car l’ensemble des structures, de la gouvernance et des partenariats est encore faible, malgré des atouts forts et des partenaires convaincus :

Des atouts très forts - Le projet a appuyé un modèle qui possède des atouts rares et forts dont les principaux sont :
- simultanément, une offre et une demande fortes en lait cru, poussé par les consommateurs urbains,
- un modèle économiquement viable,
- une concentration des acteurs sur Niamey : éleveurs, pouvoirs publics, industries, consommateurs, CC,
- une habitude de constitution de fonds propres indolores pour les éleveurs (les 20 francs payés par litre au CC).

La confiance entre les partenaires - Un des enjeux pour que les efforts conjugués aboutissent est de parvenir à une confiance mutuelle entre les partenaires. Cela passe par :
- un dialogue permanent : celui-là même développé par l’interprofession,
- des efforts sur la gestion organisationnelle,
- la fourniture d’états financiers,
- la systématisation des contrôles,
- la responsabilisation des OP et le respect du principe de redevabilité en leur sein.

3. Deux centres de collecte (CC) multiservices

Le projet appuie deux centres de collecte de lait frais : Le Centre de Kollo qui a été créé en novembre 2013 par le projet et le centre d’Hamdallaye créé en 2009, déjà existant avant le projet. Le chiffre d’affaires 2014 réalisé est de 70 millions Fcfa pour les 2 centres

La quantité moyenne du lait collecté par jour est très variable d’une saison à l’autre. Au total, 165 970 litres ont été collectés en 2014 à Hamdallaye (soit en moyenne 455 litres par jour), et 70 975 litres en 8 mois en 2014 pour le centre de Kollo (soit en moyenne, 292 litres par jour).

Deux groupements d’éleveurs s’organisent pour piloter les centres :
- Uprolait (Union des producteurs de lait d’Hamdallaye) a été créé en 2009. C’est une coopérative de 8 villages membres.
- Kawtal (à Kollo), a été créé en 2013. Kawtal à Kollo est une coopérative de 65 membres individuels dont 5 femmes.

Un réseau de collecteurs organisés qui ramassent chaque jour le lait dans les Villages :
- Neuf collecteurs à Kollo sont regroupés au sein d’une association.
- A Hamdallaye, pas moins de 25 collecteurs indépendants travaillent en période de pic de production.

4. Le modèle de filière laitière développé par Nariindu présente des caractéristiques originales qui en font un système innovant :

Des centres péri urbains centrés sur la collecte - Les CC sont situés autour de Niamey, Capitale du Niger, qui représente un marché potentiel conséquent. S’agissant de collecte de lait et de revente, les volumes importants de lait local ne sont pas limités par l’outil de transformation du lait. Les CC gèrent avant tout des flux qui répondent à un système de distribution allant de l’éleveur à l’industriel transformateur. La proximité de la ville permet de toucher la demande de l’industrie de transformation laitière.

Le service de collecte du lait - Le service de collecte du lait avec les collecteurs est bien organisé et maitrisé par les centres. La gestion reste très simple, mais transparente et régulière. Les collecteurs sont intéressés à l’augmentation des rendements. Les collecteurs sont équipés de kits qui leur permettent de mieux assurer leur service d’achat et de conseil qualité. Les formations des collecteurs constituent un relais efficace entre éleveurs et CC.

Les CC garantissent une qualité à l’industrie laitière - Cette maitrise de la qualité se réalise grâce à un contrôle interne aux centres de collecte équipés de laboratoire.

Une forte prise en compte des femmes villageoises - Les ménages, avec l’avènement des CC, ont changé en partie leur mode de constitution de revenus basé sur le lait. Traditionnellement, les hommes traient et les femmes gèrent le lait, soit en le vendant cru ou transformé, soit en décidant que le ménage va le consommer, soit, enfin, en le jetant s’il y a surproduction. Le fait que le lait constitue un revenu régulier appréciable, a parfois modifié cet équilibre. Le projet a prévu des services de compensation qui redonnent aux femmes des revenus.

Un développement économique durable - Les CC sont conçus pour favoriser une appropriation par les producteurs et une viabilité dans le temps. Les CC, avec l’appui du projet, ont été à la recherche absolue de rentabilité. Pour cela, une gestion des centres par les éleveurs constitue un objectif. Enfin, le projet a favorisé les relations contractuelles écrites, qui fixent les règles entre partenaires, et en particulier entre clients et fournisseurs.

Le service d’approvisionnement en aliments pour bétail - Le service d’approvisionnement en aliments pour bétail fonctionne et rend un service très apprécié par les éleveurs. Il a un impact très direct sur le rendement en lait des vaches.

Les liens contractuels entre les CC, les collecteurs, Solani - institutionnellement, les centres de collecte sont liés contractuellement de façon exclusive avec Solani qui doit en échange acheter tout le lait disponible.

IRAM - Karkara - AREN - RBM - VSF Belgique

Télécharger le document d’évaluation, 51 pages, 4 Mo.

2 Messages de forum

  • Lait Niamey / Projet Nariindu 24 janvier 2016 17:34, par Dr. B. ROUA

    Je n’ai pas complètement lu l’Evaluation mais je pense qu’il y a l’ONG AGROPOST qui est omis dans le cas de Hamdallaye . Au départ, les cuves ont été fournies par l’ONUDI sous l’égide de AGROPAST qui a pris en charge les questions douanières, a mis en place UPROLAIT la structure et également a donné le terrain sur lequel le bâtiment est construit. Aussi j’estime qu’il s’agit d’un modele de partenariat ou il n’est pas permis de faire l’impasse sur des partenaires a la base ne serait–ce que pour l’histoire.

    Merci d’en tenir compte

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    • Lait Niamey / Projet Nariindu 25 janvier 2016 13:22, par Assihar

      Bonjour chers collegues du RECA

      Au niveau de la region de Tahoua l’ONG Aharog a developpemer la filiaire lait de chamelle et des vaches autour des bassins laitiers de la zone.

      Actuellement Il y a Tahoua plus 19 points de vente de lait de chamelle, et un grand point de vente de lait de vache. 05 points de vente existent aussi à Niamey et approvisionner par le lait de chamelle collecter a Tahoua

      Ce projet est exécuté et suivi par l’ONG Aharog avec l’appui de la SNV Niger

      Amanaya Ag Irrichid Coordonnateur national de l’ONG Aharog email : aharogh@yahoo.fr cel 022796557559

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