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Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Systèmes d’entreposage et de tierce détention

Publié le jeudi 18 février 2016

Étude sur les systèmes d’entreposage et de tierce détention adaptés à l’Afrique sub-saharienne.

Auteurs : J Coulter Consulting Ltd - Sullivan & Worcester UK LLP Septembre 2014.

Les producteurs des pays en développement doivent relever d’importants défis en ce qui concerne l’accès au financement, ce qui influence souvent leur prise de décision. Par exemple, même s’ils savent qu’ils ne devraient pas vendre juste après la récolte, lorsque les prix sont généralement bas, ils y sont souvent contraints car cet argent leur est nécessaire pour satisfaire aux besoins primaires de leur famille. Pour faire face à ces problèmes, des solutions de financement adaptées aux différents acteurs de la chaîne de valeur agricole doivent être mises en œuvre.

Le système de récépissés d’entrepôt permet un meilleur fonctionnement de la phase post-récolte de la chaîne de valeur, et constitue un outil potentiellement utile pour aider les producteurs à avoir accès au financement. Cette question constitue le sujet central du présent rapport.

Si les producteurs ont accès à un système de récépissés d’entrepôt, ils gagnent en flexibilité quant à leurs délais de vente. Au lieu de vendre leurs récoltes pour répondre à leurs besoins immédiats de liquidités, ils peuvent les stocker et les utiliser comme garantie en échange d’un prêt, puis reporter la vente à une date ultérieure, lorsque les prix sont censés être plus élevés.

À la fin de l’année 2013, l’Agence française de développement (AFD), le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) et le Fonds international de développement agricole (FIDA) ont lancé un appel d’offres pour la réalisation d’une étude visant à examiner l’étendue du financement par récépissés d’entrepôt en Afrique, et pour faciliter l’élaboration de politiques et de stratégies en vue de son expansion. La Plateforme pour la gestion des risques agricoles (PARM), a également contribué à financer cette étude.

Le rapport présente quatre types de financement :
- Type A : Crédit stockage communautaire pour les petits exploitants, souvent soutenu par les institutions de microfinance (IMF) qui refinancent leurs opérations avec des banques commerciales. Les stocks sont généralement conservés dans un local verrouillé à double cadenas, dans des entrepôts communautaires ou des bâtiments résidentiels. La clé du premier cadenas est détenue par l’organisation de producteurs (OP) ou le groupe d’agriculteurs, et celle du deuxième cadenas, par l’IMF.

C’est le warrantage communautaire pratiqué au Niger.

- Type B : Entrepôts privés. Financement en contrepartie de marchandises stockées dans un entrepôt privé sous contrôle et responsabilité d’un gestionnaire de garanties. Il peut s’agir d’un entrepôt situé sur le terrain dans lequel les marchandises sont conservées dans l’entrepôt de l’emprunteur, lequel est temporairement loué au gestionnaire de garanties.
- Type C : Entrepôts publics. Financement en contrepartie de marchandises stockées dans un entrepôt public. Il s’agit d’un entrepôt ouvert aux déposants du grand public, l’entrepôt n’appartenant pas forcément à l’État. En effet, la plupart des entrepôts publics sont des propriétés privées.
- Type D : Prêts accordés en échange de l’assurance d’une production actuelle ou future, souvent utilisées au Brésil.

La typologie ci-dessus correspond plus ou moins à la réalité : dans la pratique, les différents types se superposent partiellement. C’est la raison pour laquelle le lecteur doit appréhender le rapport dans son ensemble plutôt que de s’intéresser à un type particulier.

Le warrantage communautaire (ci-après warrantage c.)

Tel qu’il est pratiqué actuellement, ce type de financement permet aux agriculteurs d’une part de conserver leurs récoltes afin de répondre aux besoins alimentaires de la période de soudure et, d’autre part, de vendre les excédents à des prix plus élevés, évitant ainsi la survente de la production au moment de la récolte.

Dans la grande majorité des cas, les stocks sont conservés avec préservation d’identité dans des sacs au nom des déposants/agriculteurs et, une fois le prêt remboursé, chaque déposant/agriculteur est personnellement responsable de l’enlèvement du produit. Les taux de remboursement constatés sont généralement proches de 100 pour cent.

Le warrantage c. s’est développé au Niger à partir de 1988-1989 et, dix ans après, contribue au financement d’environ 5 000 tonnes de produits de base variés (céréales, oléagineux, légumineuses) et de produits horticoles déshydratés appartenant à près de 12 500 déposants. Depuis, le volume de prêt semble avoir stagné en raison de mauvaises récoltes, de difficultés financières rencontrées par un des principaux prêteurs, de la rigidité du dispositif du double cadenas, de l’adoption d’un autre modèle de financement par une importante OP (la fédération Mooriben), de la fin de l’appui technique de la FAO et du manque d’entrepôts. On a tenté d’appliquer le warrantage c. au produit le plus exporté par le Niger, l’oignon, mais sans obtenir de succès à ce jour.

Il existe deux grands modèles de warrantage c. : un modèle décentralisé, avec une institution financière qui finance une OP selon les principes énoncés ci-dessus, et un modèle centralisé, intégrant une seconde organisation ou une organisation tierce de niveau supérieur (une union ou une fédération) qui coordonne plusieurs OP locales et les représente vis-à-vis des institutions financières. L’IMF délègue en grande partie son rôle de supervision à l’union ou à la fédération qui détient la clé du cadenas en son nom. Si le modèle centralisé n’est pas toujours avantageux, il peut simplifier les relations avec les institutions financières, réduire les coûts liés au crédit, et accroître les chances de viabilité institutionnelle.

Le warrantage c. présente de solides éléments de durabilité : l’appropriation locale, la pression importante exercée par les pairs emprunteurs, la responsabilité vis-à-vis du prêteur, l’épargne forcée (ce qui rend plus aisée la gestion d’importantes variations saisonnières des prix), la gestion décentralisée, et pas d’obligation quant à de coûteux tiers détenteurs ou polices d’assurance.

Certaines caractéristiques nuisent cependant à sa durabilité, en particulier : la rigidité de l’offre (des échéances généralement fixes pour le dépôt, l’emprunt et le remboursement) ; le manque de réelles IMF dans les régions où vivent les agriculteurs ; la dépendance à l’égard de l’aide extérieure pour la construction d’entrepôts ; le besoin permanent et prolongé de moyens pédagogiques ; les interventions étatiques qui faussent les grands paramètres du marché et font perdre de l’argent aux déposants ; la capacité de spéculation restreinte des petits producteurs.

Néanmoins, les externalités positives du warrantage c. peuvent justifier la poursuite de l’aide extérieure : les agriculteurs pouvant constituer des provisions alimentaires dans les zones rurales, la population devient plus résistante aux crises. Ce fait constitue en lui-même une étape décisive vers des formes d’organisation plus adaptées au marché. Les dépenses massives et persistantes pour promouvoir l’outil ne peuvent se justifier que là où existent des perspectives d’adoption à grande échelle et pérennes.

La partie A (Résumé) va de la page 1 à la page 25. C’est la partie à lire pour une compréhension d’ensemble. Elle comprend les chapitres suivants :

- Introduction
- Financement de Type A : Crédit stockage communautaire
- Financement de Type B : Entrepôts privés
- Financement de Type C : Entrepôts publics
- Financement de Type D : Prêts accordés en échange de l’assurance d’une production actuelle ou future
- Conclusions
- Recommandations

La partie B constitue la totalité du rapport de la page 26 à la page 228.

Cliquer ici pour télécharger le rapport Télécharger l’étude sur les systèmes d’entreposage sur le site du CTA (à droite), 228 pages, 2,9 Mo.