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Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Petite irrigation Tillabéri

Publié le samedi 30 avril 2016

La petite irrigation par les eaux souterraines, une solution durable contre la pauvreté et les crises alimentaires au Niger ?

Yahaya Nazoumou (1), Guillaume Favreau (2), Mahaman Moustapha Adamou (3) et Ibrahim Maïnassara (4) ;

(1) Université Abdou Moumouni, Faculté des Sciences & Techniques, Département de Géologie, Niamey, Niger - (2) UMR 5569 HydroSciences Montpellier (HSM), Institut de Recherche pour le Développement (IRD), Montpellier, France - (3) Université Abdou Moumouni de Niamey, Faculté d’Agronomie, Niamey, Niger - (4) Institut de Recherche pour le Développement (IRD), Représentation au Niger, Niamey, Niger.

Dans les pays du Sahel, le développement de l’agriculture irriguée est une des solutions pour améliorer la sécurité alimentaire. À travers l’exemple du sud-ouest du Niger, cette étude montre que le développement d’une irrigation à faible coût est possible par pompage de l’eau des nappes phréatiques, ressource renouvelable et mieux répartie dans l’espace que les eaux de surface.

Les ressources en eau et en terres irrigables de la zone ont été localisées, quantifiées et leur potentiel à long terme réévalué à partir de données actualisées. Les résultats montrent que 50 000 à 160 000 ha (3 à 9 % de la surface totale cultivée) pourraient être mis en valeur par la petite irrigation à partir des eaux souterraines les plus accessibles (jusqu’à 20 m de profondeur). Cette estimation est du même ordre de grandeur que celle déjà avancée pour les seules eaux de surface, doublant ainsi le potentiel irrigable de la zone.

La région de Tillabéry occupe la majeure partie du sud-ouest du pays et s’étend de part et d’autre du fleuve Niger. La rive droite, constituée de massifs géologiques cristallins est exclue de l’étude car elle ne recèle que peu de ressources en eau souterraine et que les données y sont rares. En revanche, la rive gauche est sédimentaire et abrite la nappe phréatique continue du Continental Terminal 3 pour laquelle des données sont disponibles ; elle constituera notre zone d’étude.

Résultats : Une eau souterraine peu profonde, de bonne qualité et en hausse et un fort potentiel en surfaces irrigables.

En tenant compte de la profondeur de la nappe phréatique, le potentiel des sols facilement irrigables (nappe à moins de 10 m) est de 50 000 ha, soit environ 1 % de la zone. Ces terres très favorables pour l’irrigation sont situées dans la vallée du dallol au sud de Bonkoukou. Le potentiel peut être porté à environ 160 000 ha (3 %) en intégrant les zones où la nappe est entre 10 m et 20 m (nord dallol Bosso et kori de Ouallam). L’essentiel des sols classés aptes à l’irrigation sont situés dans des zones où la profondeur de l’eau est supérieure à 20 m.

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