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Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Stocks de proximité en Afrique de l’ouest

Publié le vendredi 13 mai 2016

Stocks de proximité en Afrique de l’ouest : les organisations paysannes en première ligne.

Dynamiques Paysannes 39/40 - SOS Faim ; Oxfam.

Depuis quelques années, en Afrique de l’ouest, les institutions régionales (Cedeao, Uemoa, Cilss) et leurs bailleurs de fonds reconnaissent aux systèmes de stockage alimentaire de proximité un rôle à jouer dans la sécurité alimentaire et dans la régulation des marchés. L’appui aux stocks de proximité, considérés comme la première ligne de défense en cas de crise alimentaire, est explicitement retenu dans la stratégie de stockage de la Cedeao, de même que le renforcement des capacités de collecte, de stockage et de mise en marché des organisations de producteurs dans une perspective de régulation du marché.

Lors d’un atelier organisé à Ouagadougou du 23 au 25 février 2016, Oxfam et SOS Faim ont pris l’initiative d’organiser un échange de bonnes pratiques entre différentes expériences dans la région d’Afrique de l’ouest, mais aussi de mener un plaidoyer politique pour une réelle intégration des initiatives paysannes de stocks de proximité dans une politique régionale de sécurité alimentaire et de régulation des marchés.

Les deux types de stocks de proximité
- Les systèmes d’approvisionnement groupé sont typiques des zones déficitaires ; peu après la récolte, lorsque les céréales sont abondantes et peu chères, la banque de céréales achète un volume important de céréales puis stocke celles-ci quelques mois au village pour les revendre au détail pendant la période dite « de soudure » où les achats sont habituellement les plus difficiles.
- Les systèmes de commercialisation groupée se retrouvent surtout en zone excédentaire : ils visent à permettre aux paysans d’obtenir un meilleur profit de la vente de leurs produits. Ces systèmes reposent sur le principe selon lequel le regroupement des productions permet de réaliser des économies d’échelle et d’améliorer le pouvoir de négociation des producteurs face aux commerçants acheteurs.

Les systèmes d’approvisionnement groupé, des expériences riches à partager : se financer, acheter, vendre, gérer la relation avec l’aide alimentaire et durer.
- 1. Le financement des opérations

La question des taux d’intérêts est centrale puisqu’à eux seuls les intérêts peuvent représenter une des principales charges de gestion du stock et peser sur les prix de revente des vivres.
- 2. Les modalités d’approvisionnement

La période d’achat est déterminante pour la viabilité financière des BC et leur capacité à fournir des céréales en dessous des prix de marché lors de la période de pénurie.

Trois grandes difficultés subsistent : La capacité de financement des BC et la capacité de stockage des magasins sont souvent trop réduites pour stocker dès le mois de décembre-janvier l’ensemble des céréales nécessaires pour la soudure. Les BC sont alors amenées à effectuer plusieurs rotations de stocks et donc à acheter à des périodes moins favorables au niveau des prix. La mise en place de stocks intermédiaires au niveau de la faîtière avec des magasins de 150 à 500 tonnes peut être une réponse à cette contrainte. La courbe habituelle des prix (chute à la récolte, hausse progressive et pic à la soudure) ne se vérifie pas toujours. L’évolution des prix résulte de nombreux facteurs qui sont difficiles à anticiper. Lorsque « les prix se retournent », la BC peut enregistrer des pertes importantes. La contractualisation avec les fournisseurs pour éviter les incompréhensions et les fraudes reste peu fréquente.
- 3. Les pratiques de commercialisation

Une solution est de favoriser la vente au détail, en plus petites quantités qui correspondent à la trésorerie disponible des familles.
- 4. La nécessaire concertation avec l’aide alimentaire
- 5. La pérennité financière du modèle

Les systèmes de commercialisation groupée : se financer, stocker, vendre et gérer les risques.
- 1. Le financement des opérations

Les producteurs membres de l’OP ne peuvent pas attendre que celle-ci ait commercialisé les céréales pour être payés.
- 2. De bonnes pratiques de stockage

Les acheteurs institutionnels sont généralement très exigeants sur la qualité des produits qui leurs sont livrés.
- 3. De bonnes pratiques de commercialisation

La maîtrise des opérations de commercialisation est un aspect essentiel de l’activité des organisations de type coopératif. Dans un marché très volatile, la commercialisation comporte des risques importants.
- 4. Gérer le risque d’inversion des prix

La hausse des prix entre la récolte et la soudure fonde la viabilité économique du stockage. Mais ce cycle saisonnier des prix n’est pas systématique et peut être influencé par plusieurs facteurs.

Les principales raisons évoquées à ces inversions de prix sont l’existence de marchés non transparents, les interventions publiques, mais également la loi naturelle de l’offre et de la demande.

Le warrantage, une dynamique commune aux zones déficitaires et excédentaires

Le warrantage peut être vu comme une manière de sécuriser l’accès au crédit pour les exploitations familiales, mais il est freiné par différents facteurs.

Conclusion

Les réseaux de stocks de proximité qui contribuent à la sécurité alimentaire méritent un soutien dans le cadre des politiques publiques régionales et nationales.

Cliquer ici pour accéder au document Pour télécharger le document aller sur le site de SOS Faim (16 pages, 1,3 Mo), cliquer à droite :

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