RECA

Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Résultats CGEF oignon Maradi

Publié le mardi 30 août 2016

Résultats du conseil de gestion à l’exploitation agricole pour la culture de l’oignon / campagne 2015 – 2016.

Rédaction : Guéro Magalé (Coordonnateur CGEF / CRA Maradi), Abdoul Razak Idrissa, Baraatou Mamane, Aichatou Abdou, Abdoul Rachid Hamani (CRA Maradi) avec l’appui de Patrick Delmas (RECA).

L’oignon est une des principales cultures irriguées de la région de Maradi avec la tomate, la pastèque et le moringa. Il est produit sur la majorité des sites d’irrigation de la région.

Pour les producteurs ayant fait l’objet d’enregistrement de leurs dépenses et de leurs produits, les rendements moyens par site sont compris entre 11,4 tonnes et 14,3 tonnes par ha. Ce sont des rendements moyens faibles. Il n’y a pas de différences significatives entre les sites de production.

Comme d’autres cultures irriguées, l’oignon demande une bonne maîtrise technique mais également une réelle capacité de gestion. En effet, un hectare de cette culture demande d’investir entre 500.000 F.CFA et 700.000 de F.CFA (50.000 F à 70.000 F pour 1.000 m2).

A cet effet, le chef d’exploitation agricole doit disposer de bons indicateurs au bon moment pour préparer sa campagne agricole, évaluer ses besoins en financement et maîtriser ses charges. C’est un des objectifs du conseil de gestion à l’exploitation agricole (CGEF) mis en œuvre par la Chambre Régionale d’Agriculture et des organisations de producteurs de la région de Maradi.

Le suivi d’exploitations maraîchères a concerné 210 producteurs. Il a été réalisé par la CRA de Maradi et des organisations de producteurs volontaires, qui ont mis à contribution leur dispositif de conseil agricole pour la mise en oeuvre du CGEF soit 7 animateurs : Habibou Moussa et Inoussa Moussa pour la FCMN Niya, Rabé Mahamane et Lawali Mahamane pour la Fédération Aynoma, Rabé També pour ANFO, Hamissou Dan Abdou pour l’Union des coopératives du périmètre de Djirataoua et Saadou Leko pour l’Union Sonkay de Gourjia.

Ce qu’il faut retenir :

- Sur les résultats de la campagne 2015 / 2016 d’oignon bulbe en saison sèche, on constate que pour près de la moitié des producteurs cette culture ne leur permet pas d’obtenir une marge brute satisfaisante et donc encore moins le revenu espéré. Pour 18% des producteurs, soit environ 1 producteur sur 5, la marge brute est négative. Les producteurs ont perdu de l’argent.
- 28% des producteurs seulement ont enregistré de bons résultats économiques avec une marge brute de 122.000 F pour 1.000 m2, soit 1,2 million par ha, malgré un rendement très moyen.
- Ces mauvais résultats sont principalement dus à des rendements faibles à très faibles.

Commentaire de la CRA : Ce sont des résultats faibles et surprenants qui seront à discuter avec les producteurs et à vérifier la campagne prochaine. La CRA doit se rapprocher des structures qui ont mis en place des champs écoles paysans pour comparer les résultats des CEP.

- Le coût du carburant pour le pompage de l’eau et l’irrigation constitue le principal poste de dépenses pour les producteurs. Toute recherche de diminution des charges doit s’intéresser à une meilleure valorisation de l’eau.
- Les dépenses en engrais indiquent une utilisation largement au-dessus des normes recommandées. La revue des pratiques de fertilisation sera à faire en réunion avec les producteurs.
- Les producteurs cultivant des surfaces réduites présentent des charges plus élevées par rapport aux producteurs qui ont des surfaces plus grandes. Cependant, leur rendement a été plus élevé.

Commentaire de la CRA : Cela fait poser la question de la « surface économique » nécessaire pour utiliser un forage, un réseau et une motopompe afin de les rentabiliser au mieux. Il est nécessaire de voir quelle superficie doit être recommandée pour rentabiliser le matériel de base pour une exploitation.

- En moyenne, 1 producteur sur 3 a recours à un crédit pour financer ses charges de cultures. Ce sont les producteurs de Gourjia qui font le plus appel au crédit. Les commerçants fournissent du crédit à 65% des producteurs qui utilisent ce mode de financement et globalement à 20% de l’ensemble des producteurs.
- Ces premiers résultats militent pour l’intensification des champs écoles paysans dans ces différents sites pour obtenir une amélioration globale des rendements.

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