RECA

Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Effet des touffes de Guiera senegalensis

Publié le lundi 24 décembre 2018

Effet des touffes de Guiera senegalensis sur la fertilité des sols dans la région de Maradi (Niger).

DAN LAMSO Nomaou, GUÉRO Yadji, TANKARI DAN-BADJO Abdourahamane*, TIDJANI Adamou Didier, ADO MAMAN Nassirou, AMBOUTA JEAN MARIE Karimou / Département Sciences du sol, Faculté d’Agronomie de Niamey - Université Abdou Moumouni de Niamey, Niamey, Niger.

Objectifs : A Guidan Bakoye, dans la région de Maradi au Niger, pour faire face à la dégradation et la baisse de la fertilité des terres, les paysans ont entre autres adopté la régénération naturelle assistée des espèces ligneuses telles que Guiera senegalensis (sabara en Haoussa ou Zarma). Cette étude traite de l’influence des touffes de cet arbuste sur la fertilité des sols dans le terroir de Guidan Bakoye.

Les résultats obtenus ont révélé généralement une amélioration significative des paramètres physico-chimiques des sols localisés à proximité des touffes de Guiera senegalensis.

Conclusion et application de la recherche : Il ressort de cette étude, un fort taux de repeuplement de Guiera senegalensis (1800 pieds/ha) dans le terroir grâce à la régénération naturelle assistée et à l’introduction de la technique de marcottage. Par ailleurs, les résultats des analyses physico-chimiques des sols sous Guiera senegalensis, ont montré l’absence de changement textural avec la distance, et la prédominance des sables dans les horizons de surface indiquant que les touffes de Guiera senegalensis piègent essentiellement les sables transportés par les vents. Il est aussi apparu que les touffes de Guiera senegalensis ne semblent pas influencer le pH, la capacité d’échanges cationiques et le Ca contrairement à la matière organique, au phosphore, Mg et K. En définitive, les touffes de Guiera senegalensis améliorent moyennement les propriétés physico-chimiques du sol.

Commentaires du RECA : C’est une petite déception. Nous pensions que les touffes de Guiera senegalensis avaient un effet plus significatif sur l’amélioration du sol. Les auteurs précisent que « ce rôle de piégeage des débris par les touffes de Guiera senegalensis est moindre lorsque leur port est érigé ». Il faut donc que la touffe soit la plus dense possible pour piéger plus de débris.

Les auteurs ont constaté une déflation (c’est à dire un creusement du sol) au pied de cette espèce, ce qui semble contredire de nombreux travaux qui ont mis en évidence la formation autour des touffes de Guiera senegalensis, d’une micro-butte de plus de 15 cm de haut et d’1 m de large. C’est effectivement surprenant car la photo ci-contre montre ces micro-buttes et aussi l’effet des touffes. Le mil a été semé puis une période sans eau a fait mourir les jeunes plants sauf sur les micro-buttes de Guiera senegalensis, mais il s’agit de la commune de Dantchandou, Région de Tillabéri. Les espèces buissonnantes restent particulièrement intéressantes à favoriser pour lutter contre l’érosion éolienne ou hydrique.

Télécharger l’étude, 12 pages + annexes, 2,1 Mo.

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