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Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Initiative 3N /Cadre stratégique

Publié le vendredi 8 juin 2012

CADRE STRATEGIQUE ET COÛT ESTIMATIF DES PROGRAMMES DE L’INITIATIVE 3N POUR LA PERIODE 2012 -2015

Résumé Exécutif

Face au déficit chronique des produits vivriers, notamment céréaliers, l’insécurité alimentaire devient de plus en plus inquiétante et la pauvreté gagne chaque jour du terrain dans le monde rural qui comptabilise actuellement 80% des pauvres du pays, le Président de la République et le Gouvernement ont lancé l’initiative 3N « Les Nigériens Nourrissent les Nigériens ». Le présent document de stratégie est la traduction opérationnelle de l’initiative.

L’i3N est un credo et un engagement politiques forts du Président de la République du Niger. Il constitue un axe majeur du Programme du Président de la République pour la renaissance du Niger. Il est bâti sur les acquis de la Stratégie de Développement Rural et s’inscrit dans le processus de mise en œuvre du Plan de Développement Détaillé pour l’Agriculture en Afrique (PDDAA) et de la Politique Agricole Commune de la CEDEAO (ECOWAP) ainsi que la Politique Agricole de l`UEMOA (PAU). L’I3N permettra au Niger d’accélérer l’atteinte des Objectifs du millénaire, notamment l’OMD1 et l’OMD7.

Le contexte du Niger se caractérise par le fait que l’économie du pays est dominée par le secteur primaire (45,2% du PIB en 2010) et une étroitesse du secteur secondaire (11,4% du PIB en 2010). Le secteur primaire est essentiellement agropastoral ; il joue un rôle essentiel dans la croissance économique. Entre 2006 et 2010, le PIB du secteur primaire est passé de 817,66 milliards de FCFA à 1021,27 milliards, soit une progression de 25%, contre 20% pour l’ensemble des secteurs (1906,83 milliards en 2006 à 2295,39 milliards en 2010).

Malheureusement, la forte sensibilité des activités agropastorales aux risques climatiques, écologiques, économiques et même sociaux fait que le pays n’arrive pas toujours à assurer une alimentation saine et suffisante à l’ensemble de la population, en tout temps et en tout lieu. La vulnérabilité des nigériens à l’insécurité alimentaire trouve ses origines dans les déficits céréaliers et fourragers enregistrés régulièrement depuis quelques décennies, les comportements alimentaires inappropriés et dans la pauvreté structurelle de certains groupes sociaux.

Ainsi, Faire en sorte que les « Nigériens nourrissent les Nigériens », par leurs propres efforts de production et d’organisation, implique que des solutions appropriées soient trouvées pour réduire la fréquence des déficits céréaliers et fourragers, améliorer la qualité nutritionnelle des repas des ménages et surtout des enfants, assurer un approvisionnement régulier des marchés et garantir leur accessibilités à toutes les catégories sociales du pays.

Les défis majeurs à prendre en compte sont : pression démographique, adaptation aux changements climatiques, l’accroissement du cheptel dans un contexte de réduction des pâturages, l’équité et l’intégration régionale, etc.).

Les atouts que possède le pays sont : des zones propices pour des systèmes de production intensifs, notamment le développement de l’irrigation, un important cheptel qui peut être mieux valorisé, des filières compétitives (oignon, poivron, niébé, bétail, viande etc.).

Les contraintes objectives aux transformations souhaitées sont notamment : la faiblesse des systèmes d’approvisionnement en intrants et de soutien aux producteurs, la compétition entre les systèmes de production (agriculture/élevage) et des ressources financières peu accessibles aux producteurs. Les opportunités pour investir plus et mieux sont : davantage de ressources issues de l’exploitation minière et pétrolière pour le pays, la construction du barrage de Kandadji et le paysage de la finance agricole et rurale qui s’élargit.

Les orientations de l’I3N découlent ainsi de l’analyse du contexte, des défis, des atouts, des contraintes et des opportunités ainsi que d’une projection dans l’avenir, des changements souhaités et des étapes intermédiaires à franchir avant d’arriver à réaliser l’ambition de l’I3N qui est que « Les Nigériens Nourrissent les Nigériens », dans un pays en pleine renaissance économique.

L’objectifs global ainsi recherché est de : « contribuer à mettre les populations Nigériennes à l’abri de la faim et leur garantir les conditions d’une pleine participation à la production nationale et à l’amélioration de leurs revenus » et l’objectif spécifique : « Renforcer les capacités nationales de productions alimentaires, d`approvisionnement et de résilience face aux crises alimentaires et aux catastrophes ».

La mise en oeuvre de l’I3N repose sur cinq axes stratégiques :

- Axe 1 : Accroissement et diversification des productions agro-sylvo-pastorales et halieutiques.

L’I3N vient ainsi comme un catalyseur de la transition technologique en créant les conditions appropriées pour accroître significativement et durablement la productivité des systèmes de productions agro-sylvo-pastorales et halieutiques. Il s’agira pour cela d’investir des ressources conséquentes pour : (i) améliorer la capacité productive des terres et des eaux ; (ii) généraliser l’utilisation de techniques et technologies, innovantes et adaptées aux réalités écologiques et socioéconomiques du Niger ; (iii) créer les conditions juridiques, institutionnelles et fiscales favorisant le développement agricole, la transformation et la modernisation des systèmes des productions.

- Axe 2 : Approvisionnement régulier des marchés ruraux et urbains en produits agricoles et agroalimentaires.

Les investissements de l’I3N seront réalisés pour : (i) Le renforcement des capacités de conservation et de stockage des produits agro-sylvo pastoraux et halieutiques pour mieux réguler l’approvisionnement des marchés locaux et procéder à des exportations au moment opportun ;(ii) La promotion de la transformation des produits agricoles et de production agroindustrielle afin de satisfaire une demande urbaine de plus en plus tournée vers les produits finis ; (iii) L’amélioration des infrastructures et des circuits de commercialisation y compris l’exportation en contribuant à faciliter le transport des produits vivriers de base et réaliser pour les céréales, les plantes horticoles, le bétail et certains produits forestiers des infrastructures de marché.

- Axe 3 : Amélioration de la résilience des populations face aux changements climatiques, crises et catastrophes.

L’I3N se propose de pallier aux insuffisances constatées dans la gestion des crises tout en améliorant la capacité de réponse des ménages et des communautés à la base face aux situations de déficit de production agricole ou pastorale et de catastrophes naturelles. Les mesures qui seront promues permettront de : (i) Améliorer l’efficacité des mécanismes d’anticipation et de coordination des interventions en situation d’urgence. ; (ii) Contribuer à apporter des réponses appropriées et adaptées dans les situations d’urgence notamment par l’accroissement des stocks de réserves nationales de produits agricoles et alimentaires et la création des conditions pour assurer un continuum urgence-relèvement-développement pour les groupes socio-économiques les plus vulnérables ; et (iii) Contribuer à l’élaboration d’un plan de gestion de risques intégrant divers types de risques auxquels font face les producteurs, les ménages et les communautés.

- Axe 4. Amélioration de l’état nutritionnel des nigériennes et des nigériens.

Pour l’amélioration de l’état nutritionnel, l’I3N prévoit des mesures et investissements visant à contribuer à : (i) La promotion de modèles de consommation alimentaire équilibrée, une bonne hygiène de vie en milieu rural et en milieu urbain ; (ii) La réduction de la prévalence des différentes formes de malnutrition à travers le passage à une échelle d’application plus grande de bonnes pratiques familiales essentielles ; (iii) La prise en charge efficace de la malnutrition aigue dans les situations de crises à travers l’amélioration des capacités de prise en charge curative (y compris le dépistage) des cas de malnutrition aigue (modérée et sévère) ; le renforcement du cadre institutionnel de la prise en charge de la malnutrition ; (iv) Le renforcement du dispositif de contrôle sanitaire des denrées alimentaires (chaine de froid, hygiène, etc..) et (v) Le renforcement du Système national de surveillance nutritionnelle et d’évaluation des interventions de nutrition (SNIS, sites sentinelles, SAP, les enquêtes de nutrition).

- Axe 5. Animation et Coordination de l’I3N.

L’I3N se veut un cadre mobilisateur et fédérateur Aussi, Il s’agira de : (i) Maintenir un effort croissant et continu en matière de financement des investissements pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle et le développement agricole à travers la mobilisation plus importante des ressources publiques et privées ; (ii) Assurer une Gouvernance et une coordination efficaces de l’I3N, à travers la mise en place de dispositif de gouvernance transparente, participative et inclusive, la mobilisation des communautés rurales et urbaines ainsi que les parties prenantes autour des objectifs de l’I3N et le renforcement institutionnel du haut Commissariat à l’I3N.

Les principes directeurs d’intervention de l’I3N sont : (i) la concentration des actions et appuis aux niveaux des communes, des villages agricoles et des exploitations familiales ; (ii) la prise en compte du genre et des groupes spécifiques dans toutes les actions ; (iii) le ciblage pour optimiser les investissements ; (iv) la durabilité de la base productive à travers la promotion des pratiques durables d’utilisation des ressources naturelles et l’adaptation aux changements climatiques ; (v) la mobilisation et la responsabilisation de tous les groupes d’acteurs, à toutes les étapes du processus de conception et de mise en œuvre, en prêtant une attention aux organisations des producteurs, à la femme et à la jeunesse.

La mise en œuvre opérationnelle de l’I3N reposera sur les cinq axes stratégiques qui sont traduits en cinq programmes stratégiques (PS) et 12 programmes opérationnels et sur un dispositif institutionnel dont les caractéristiques principales sont l’inclusivité, la coresponsabilité, la concertation et le dialogue permanents.

Le financement des actions pourrait se faire à travers : (i) des systèmes classiques de financement public (Budget de l’Etat, celui des Collectivités, L’aide publique au développement, Fonds communs, Fonds de soutien ou de subvention etc.) ou privé (crédits des Institutions Bancaires, de la Microfinance, contributions des Communautés, des OP, de la Société Civile, des Entreprises, etc.) ; (ii) des systèmes nouveaux de financement tels que le Fonds d’Investissement pour la sécurité alimentaire et Nutritionnelle (FISAN) et le Partenariat Public-Privé.

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