RECA

Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Phosphate /Investir dans la bonification des terres

Publié le dimanche 23 septembre 2012

Phosphate / la recherche insiste depuis 40 ans sur ce facteur limitant des cultures pluviales

Investir dans la « bonification » des terres

Cette note a été rédigée à partir de plusieurs textes relatant des résultats ou des rencontres des chercheurs de l’Afrique de l’Ouest et/ou du Niger. Le RECA pense que ces travaux ne doivent pas être oubliés au moment où différentes équipes travaillent sur les « technologies disponibles et diffusables » pour améliorer la productivité des cultures, y compris fourragères.

Améliorer la productivité des cultures pluviales

Il n’y a pas de bataille ou de choix à faire entre les cultures irriguées et les cultures pluviales, il faut augmenter la production et la productivité des deux à la fois.

Le bilan officiel des productions horticoles de la campagne 2011 / 2012 indique 100.000 ha de cultures irriguées (riz compris) pour une production de 300.000 tonnes d’équivalent céréalier. Le déficit céréalier brute de la campagne 2011 été évalué à presque 700.000 tonnes.

Un doublement des cultures irriguées permettrait à peine de couvrir le déficit de l’année 2011 et il faut tenir compte d’une augmentation régulière de la consommation. Il est donc nécessaire d’améliorer aussi les résultats de l’agriculture pluviale.

Le facteur limitant de l’agriculture pluvial reste l’eau, les pluies sont variables d’une année sur l’autre. En dehors de ce facteur, l’insuffisance d’azote et de phosphate limite la production agricole au Niger.

La carence en phosphore

Environ 80 % des sols tropicaux ne disposent guère de quantités de phosphore suffisantes pour une nutrition satisfaisante des plantes.

Donc, parmi les facteurs limitants, d’ordre chimique, la carence en phosphore (P) est l’une des plus graves et des plus fréquentes entraves à l’intensification des productions agricoles dans des zones où la perméabilité du sol est originellement élevée (sols sableux, majoritaires dans bon nombre de régions du Niger). La carence en phosphore représente encore aujourd’hui un problème aussi, sinon plus sérieux que la pénurie d’eau.

L’apport de phosphore : 40 ans de travaux de recherche

De 1965 à 2007, au Niger, comme dans les autres pays du Sahel, des travaux de recherche ont été menés sur les possibilités d’emploi des phosphates naturels locaux.

Dans les sols sableux dunaires où la carence est générale, des études ont montré (dès 1965) qu’un apport de 75 kg/ha de P2O5 suffit à corriger cette carence.

Cet apport correspond à un investissement, à une « bonification » des sols, c’est-à-dire à un accroissement du « capital de fertilité » du sol, qui doit ensuite être entretenu par des apports annuels de fumure phosphatée afin de compenser les prélèvements que les cultures font dans les réserves du sol.

Les travaux les plus récents menés au Niger

Au Niger, des tests d’adaptation et de diffusion des technologies, basées sur l’utilisation des phosphates naturels pour la production du mil et du niébé en milieu paysan, ont été effectués. Des expérimentations de techniques culturales innovantes ont été réalisées.

En évaluant les technologies des systèmes de culture et d’engrais minéraux sur les rendements du mil et du niébé, les chercheurs ont pu noter que l’utilisation combinée de NPK triple 15 et du phosphate naturel de Tahoua (PNT), respectivement à la dose de 4 kilos de phosphate à l’hectare au poquet (NPK triple 15) et à la dose de 13 kilos épandus à la volée (PNT) permet d’obtenir des rendements de mil et de niébé 2 à 3 fois plus élevés que ceux du témoin, selon qu’on est en culture pure ou en culture associée.

Or la sous-région dispose d’importants gisements de phosphates naturels. C’est le cas du Niger qui dispose de deux gisements de phosphates naturels.

Malgré ces résultats probants obtenus par la recherche, il est impossible de trouver aujourd’hui du phosphate naturel de Tahoua en vente ou d’autres engrais phosphatés en dehors du NPK triple 15.

La bonification (ou valorisation) des terres

La bonification des terres est une nécessité et un préalable à l’intensification. L’enrichissement des sols en phosphore (amendement de fonds) est un aspect de la bonification des terres, ce n’est pas le seul.

Une bonification des terres est aussi efficace que la mise en œuvre d’infrastructures d’irrigation, du fait d’une prédominance de la pauvreté du sol sur le déficit en eau.

Dans le cas des carences en phosphore, il est utile de procéder à des « amendements de fond » (par exemple avec du phosphate naturel). La dose recommandée par la recherche correspondrait à 75 kg de phosphore à l’hectare, soit 7 sacs de phosphate naturel de Tahoua.

Rappel : le Niger a ses propres gisements de phosphate naturel.

Télécharger l’intégralité de la note, 4 pages, 341 Ko.

Voir la note "Les phosphates, une richesse pour l’agriculture Ouest africaine / Résultats pour le mil et le niébé au Niger".

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