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Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Efficience de l’élevage extensif

Publié le mardi 15 avril 2014

Efficience de l’élevage extensif en milieu difficile.

Evaluation environnementale des systèmes d’élevage avec la méthode Emergy.

Mathieu Vigne ; CIRAD, Perspectives n°25, Janvier 2014.

Contrairement à ce qui est couramment admis, une étude conduite par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) montre que des systèmes d’élevage extensifs ont un impact sur l’environnement plus limité que les systèmes intensifs. Ce résultat présente un intérêt majeur pour les pays en développement où les systèmes extensifs sont fréquents. Il a été obtenu grâce à la méthode Emergy, permettant une évaluation globale de l’efficience des systèmes.

Une analyse de l’élevage extensif, mise en question…

Des études ont été conduites à cet effet, notamment par la FAO, qui a publié un rapport intitulé Livestock’s Long Shadow, en 2006. L’objectif de la FAO était alors d’alerter les gouvernements sur les risques pour l’environnement d’un développement exponentiel des productions animales et de recommander des mesures pour les atténuer, depuis la production jusqu’à la consommation.

Ce rapport dressait un inventaire, à l’échelle planétaire, des impacts de l’élevage sur l’environnement. Il identifiait l’élevage comme l’une des causes principales des problèmes environnementaux les plus pressants : la pollution de l’atmosphère et le réchauffement de la planète (le secteur de l’élevage émettrait 18 % des gaz à effet de serre d’origine anthropique) ; la dégradation des terres (il dégraderait 20 % des surfaces du secteur) ; la disponibilité en eau (il consommerait 8 % de l’eau utilisée sur la planète, et causerait des pollutions) ; la perte de biodiversité, notamment dans les hotspots mondiaux. Il pointait également la faible efficience environnementale des systèmes extensifs, fréquents dans les pays en développement.

D’une part, ces systèmes extensifs dégraderaient davantage l’environnement que les systèmes plus intensifs : ils émettraient plus des deux tiers des gaz à effet de serre du secteur de l’élevage, et occuperaient, pour les pâturages, plus de la moitié des terres du secteur. D’autre part, ils fourniraient une production alimentaire plus faible que les systèmes plus intensifs : deux fois moins de viande et quatre fois moins de lait.

Ces conclusions, qui ont fait naître de nombreuses controverses relayées par les médias et les lobbies industriels, sont mises en question par une recherche récente conduite au Cirad, utilisant la méthode Emergy. Cette étude montre que des systèmes d’élevage extensifs peuvent être plus efficients que des systèmes intensifs et aussi efficients que des systèmes semi-intensifs.

Contrairement à la méthode employée dans le rapport de la FAO, l’Emergy tient compte de la complexité et de la multifonctionnalité des systèmes d’élevage extensifs, particulièrement ceux d’Afrique de l’Ouest.

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