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Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Bilan des OP / Komadougou - Diffa

Publié le dimanche 12 septembre 2010

Structuration des producteurs agricoles de la Komadougou, l’expérience du PAPAK

Projet d’Appui Danois au Développement Rural dans les régions de Zinder et Diffa (ADDR), Phase II (2003-2007) - Projet d’Appui aux Producteurs Agricoles de la Komadougou (PAPAK), Région de Diffa.

ONG Karkara /DED - Service Allemand de Développement - Boulama M. Issa, CEO PAPAK, Lienhard Stephan, AT PAPAK, Pauget Sophie, AT CASOP, en collaboration avec Sauter Patrick, DED Niger / Novembre 2006

60 pages + annexes, 1,29 Mo


Voici un extrait du Rapport final du Projet d’Appui aux Producteurs Agricoles de la Komadougou (PAPAK) mis en œuvre par ONG Karkara avec l’appui du /DED - Service Allemand de Développement – et cofinancé par la Coopération danoise dans le cadre du Projet d’Appui Danois au Développement Rural dans les régions de Zinder et Diffa (ADDR), Phase II (2003-2007), Région de Diffa.

Ce rapport présente une situation assez fréquente, l’existence d’OP ou coopératives créées pour... attendre. Une des raisons : ces organisations sont composées de tout type d’exploitants qui n’ont pas la même volonté de mettre en place des actions ou des services communs. Ce bilan est toujours d’actualité.

L’ONG Karkara et le DED ont mis en œuvre une stratégie innovante à travers le Projet d’Appui aux Producteurs Agricoles de la Komadougou (PAPAK) et ont acquis une expertise dans le domaine de la structuration des organisations paysannes qu’il convient de capitaliser.

Ceci est d’autant plus important que la mutuelle N’Gada fait face à un problème d’autonomie sociale qui la fragilise malgré les dix années d’appui des partenaires. En effet, suite aux mauvaises saisons agricoles et au rééchelonnement successif des crédits de campagne, le recouvrement de ces crédits est aujourd’hui un problème crucial pour la mutuelle.

Cette étude doit permettre à la Cellule d’Appui à la Structuration des Producteurs Agricoles (CASOP) mise en place en juillet 2006 par l’ONG Karkara, le DED et la mutuelle N’Gada, de bénéficier pleinement des acquis du PAPAK dans un souci d’efficacité. En dressant le bilan de l’action du PAPAK, il s’agit d’apprécier ses acquis et de dessiner des perspectives pour une meilleure organisation des OP membres de la Mutuelle N’gada.

En ce qui concerne la structuration des OP de la Komadougou, le PAPAK s’est heurté à de nombreux problèmes et en premier lieu la sous-estimation de leur niveau de structuration en début de projet ce qui fait qu’il s’est lancé dans la mise en place de structure faîtière qui n’ont pas de base solide. Il s’est adressé aux OP de la mutuelle N’Gada dites dynamiques pour les regrouper en union mais ces OP se sont révélées des enveloppes vides, créées uniquement pour accéder au crédit de la mutuelle N’Gada ou à d’autres avantages par d’autres projets en partenariat avec la mutuelle ; des regroupements de producteurs n’ayant pas la volonté de mener des actions communes.

De plus les mauvaises campagnes successives ont confronté le PAPAK à de sérieux problèmes qui se sont répercutés au-delà du volet vulgarisation à la structuration même. Comment faire tester aux unions des ventes groupées quand les productions sont si faibles ? Comment faire adopter l’outil du compte d’exploitation quand les résultats sont faussés par une mauvaise récolte ? Et plus et, comment travailler avec des OP qui ne remboursent plus leur crédit à la mutuelle ? Aussi les résultats du PAPAK sont très limités dans ce domaine.

Les caractéristiques de la zone, en particulier l’individualisme marqué et l’analphabétisme massif, sont également des freins à la stratégie choisie par le PAPAK. Baser les initiatives des OP et des Unions sur l’analyse des comptes d’exploitation des producteurs membres demande dans ce contexte un long processus d’accompagnement extrêmement coûteux qui ne pourrait se faire que par la mise en œuvre d’un projet de développement spécifique, intégrant si possible un volet alphabétisation. Le faible taux d’adoption de l’outil au niveau des producteurs et l’absence de capacité d’analyse au sein des OP et même des unions remettent en question son utilisation.

Les caractéristiques de la culture du poivron, culture à forte valeur ajoutée qui permet aux producteurs exploitant plus de 2,5 hectares (entre 1,5 et 2,5 ha selon les sources) d’atteindre généralement un bilan positif à la fin de la campagne, impliquent de s’intéresser aux petits producteurs pour lesquels l’approvisionnement en intrant commun et la vente groupée est une nécessité économique. Or les coopératives sont composées de tout type d’exploitant, des plus petits aux plus grands.

La mutuelle N’Gada s’engage de plus en plus vers le crédit individuel, malgré le coût lié au traitement comparativement au crédit collectif, et l’ouverture de ses guichets va encore inciter les producteurs à utiliser cette option qu’ils préfèrent.

La multitude des intervenants auprès des producteurs voit la naissance et/ou la redynamisation d’OP ou union se superposant à d’autres et les producteurs incités dans leur esprit d’attentisme. La pérennité des actions dans ce contexte ne semble pas assurée.

Même si les OP ne sont guère fonctionnelles et les unions quasi inactives, le système informel permet aux producteurs de s’approvisionner de manière groupée (pour 40%) et de vendre de manière groupée (de 60%).

Quant au crédit, la tendance reste très forte au niveau du crédit usurier (60%) que celle de s’orienter vers la mutuelle N’Gada (30%). Il faut noter à ce niveau que la Mutuelle N’Gada n’a pas la capacité financière de satisfaire tous les besoins en crédits des producteurs agricoles de la Komadougou et que les mauvais payeurs sont exclus des crédits actuels.

Toutefois il est envisageable de mener une réflexion au sein des OP et des unions en s’appuyant sur les leaders, les personnes clés du milieu, les commerçants, les élus, etc. sur l’avenir de cette filière et surtout sur la recherche de solutions en interne pour aplanir certaines difficultés. Dans cette optique, il faudrait pouvoir mobiliser de manière ponctuelle l’ensemble des animateurs, structures déconcentrées venant en appui aux producteurs pour mener ces réflexions en partenariat avec les projets et programmes intéressés.

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