RECA

Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger

 

Attention au faux Violet de Galmi

Publié le mardi 8 juillet 2014

Violet de Galmi, l’invasion de semences exotiques (et douteuses) continue en Afrique de l’Ouest.

Après le soi-disant « Violet de Galmi » proposé par des sociétés hollandaises et produit en Afrique du Sud, c’est le tour d’une société implantée aux Etats Unis et au Vietnam de vendre un oignon soi-disant Violet de Galmi au Sénégal, Mali et Burkina Faso.

Au Niger cette sociéré ne s’est pas installée mais propose des semences de la célébre variété Violet de Galmi par mail.

A quoi sert le règlement semencier de la CEDEAO ?

Le Niger est sous la législation de la CEDEAO, c’est-à-dire le Règlement c/reg.4/05/2008 portant harmonisation des règles régissant le contrôle de qualité, la certification et la commercialisation des semences végétales et plants dans l’espace CEDEAO. Pour la commercialisation des semences, l’article 70 (Variétés de semences mises en vente au niveau régional) stipule :
- Seules sont commercialisées au niveau régional les semences de variétés inscrites au Catalogue Ouest Africain des Espèces et Variétés Végétales.

Commentaire du RECA : Comme il n’y a pas beaucoup de variétés inscrites au catalogue, il semble plus facile d’usurper le nom d’une variété inscrite que de faire homologuer une nouvelle variété, d’autant plus que l’on profite ainsi de la renommée du Violet de Galmi qui reste l’oignon le plus cultivé au Sahel.

Les autres articles de la réglementation des semences de la CEDEAO :

Article 28 : Origine des semences-mères
- Tout producteur ou agriculteur-multiplicateur justifie l’origine de la semence-mère par des documents tels que l’étiquette de certification, la facture, le bon de livraison ou tout autre document jugé pertinent.

Commentaire du RECA : Il serait peut être logique de demander la même chose pour des importateurs de Violet de Galmi. Les sociétés, qui voudraient importer, devraient également justifier l’origine de leur semence- mère. Sinon, un test devrait être obligatoire avant commercialisation sur le territoire de la CEDEAO.

Article 80 : Lot douteux
- Tout lot de semences importé ou exporté sur lequel pèse un soupçon de fraude ou de falsification est considéré comme douteux et est provisoirement confisqué.

Commentaire du RECA : A partir des photos de toutes ces boites, qui ne montrent pas un oignon ressemblant au Violet de Galmi, sans justification de l’origine de la semence-mère par des documents tels que l’étiquette de certification, la facture, le bon de livraison ou tout autre document jugé pertinent (ce qui est exigé de tout producteur multiplicateur dans les pays sahéliens), ces semences importées auraient pu rentrer dans ce « soupçon de fraude ». Mais qui contrôle cela ?

Cette société s’est d’abord implantée au Sénégal. Cette année, elle a ouvert une représentation au Mali et au Burkina Faso. Pour le Niger, la société se contente d’envoyer des mails pour proposer ses semences à des projets et organisations.

Mais… le Niger sera quand même victime de ces semences douteuses car les oignons produits, notamment au Burkina Faso, seront vendus sous l’appellation Violet de Galmi sur les mêmes marchés, en particulier celui de la Côte d’Ivoire.

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La photo ci-contre présente un échantillon typique de la variété Violet de Galmi avec une forme réellement arrondie et aplatie aux pôles. Les photos précédentes montrent des oignons totalement différents.

Les semences de Violet de Galmi d’Afrique du Sud commercialisées par des firmes hollandaises : c’est n’importe quoi ! Voir la note précédente